ELECTIONS 2018 : LA CENI CONFOND LA CENCO ET SES DONNÉES

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Alors que la Cenco affirme avoir « déployé 1.026 observateurs de long terme dans les villes et territoires ainsi que 40.000 observateurs de court terme dans tous les centres de vote », la Ceni n’a vu déployer que 25.181 sur l’ensemble du territoire national, mais de manière inégale. Par exemple, sur l’ensemble de ses observateurs, la Cenco n’avait déployé que 18,20% sur la ville de Kinshasa, 13,26% au Kwilu, 8,12% en Equateur, 5,62% dans le Haut-Katanga, 5,51% dans la Tshopo, 1,07% au Kasaï Oriental, 1,06% au Maniema, 0,69% au Sud-Kivu et 0,03% au Kasaï, etc. Dans l’ensemble, les observateurs de la Cenco n’ont couvert que 39.082 bureaux de vote sur les 74.000 qui étaient actifs le jour du vote.

Alors qu’en date du 3 janvier 2018, la Cenco avait rendu son rapport d’observation des élections dans lequel l’église catholique formulait des recommandations à tous les partenaires électoraux, grande a été l’étonnement des observateurs lorsque la même église contestera les résultats publiés par la Ceni quant à l’élection présidentielle, ceci au simple motif qu’ils ne correspondraient pas aux données collectées par sa mission d’observation (celle de l’église catholique) à partir des bureaux de vote et de dépouillement.

Même si, à la suite de la déclaration des Archevêques et Evêques du comité permanent de la Cenco du 10 janvier dernier, l’Abbé Donatien Nshole se livrera à une dénégation pour dire qu’il ne revient pas à la Cenco de contester ces résultats, c’est bien le cas d’une contestation considérée comme telle aussi bien par une frange des électeurs que par certains milieux diplomatiques bien précis.

Le plus étonnant est que, tout en reconnaissant qu’une mission d’observation n’a pas qualité, ni de contester les résultats ni de les proclamer, la Cenco, par la bouche de l’Abbé Nshole a été si foncièrement suggestive que personne ne se pouvait se faire d’illusion sur le candidat suggéré comme ayant gagné les élections.

L’autre fait est que la Cenco n’apporte aucun élément de soubassement pour étayer son rejet des résultats publiés par la Ceni qui en est l’organe compétent et attitré. Le débat qui a eu lieu au Conseil d sécurité aura ainsi permis de lever un coin de voile sur ce mystère que la Cenco a voulu entretenir sur ses données pour tenter de leur conférer une certaine crédibilité contre les données de la Ceni.

Dans son rapport d’observation nommé « déclaration préliminaire », la Cenco affirme avoir « déployé 1.026 observateurs de long terme dans les villes et territoires ainsi que 40.000 observateurs de court terme dans tous les centres de vote ».

Cependant, la Ceni qui a accrédité ces observateurs ne reconnaît en avoir vu déployés sur terrain que 25.181 sur l’ensemble du territoire national, mais de manière inégale. Dans le rapport de la Ceni sur le déploiement, l’on retient, par exemple, que sur l’ensemble de ses observateurs la Cenco n’avait déployé que 18,20% sur la ville de Kinshasa, 13,26% au Kwilu, 8,12% en Equateur, 5,62% dans le Haut-Katanga, 5,51% dans la Tshopo, 1,07% au Kasaï Oriental, 1,06% au Maniema, 0,69% au Sud-Kivu et 0,03% au Kasaï.

Quant à la couverture de la cartographie électorale, les chiffres disponibles indiquent que les observateurs de la Cenco n’ont couvert que 39.082 bureaux de vote sur les 74.000 qui étaient actifs le jour du vote.

De toutes ces données, l’on peut bien se demander comment, avec des données de 39.082 bureaux de vote seulement, l’on peut prétendre avec assurance que la Ceni, qui dispose des données des 74.000 bureaux de vote, peut avoir proclamé indûment un autre candidat. L’on peut aussi se demander sur quelle base référentielle la Cenco peut attester de l’authenticité des données transmises par ses observateurs dont le statut ne leur donnait pas droit aux procès-verbaux signés. Et cette question en engendre une autre de savoir ce que ces observateurs auront transmis en définitive et de quelle manière ils l’auront fait lorsque l’on sait que la connexion internet avait été coupée, alors Que la Cenco rendait son rapport d’observation quelques trois jours seulement après la clôture des opérations de vote.

Trop de zones d’ombre subsistent donc dans la contestation, par la Cenco, des données fournies par la Ceni. De sorte qu’il serait de bon droit qu’au même titre qu’elle demande à la centrale électorale de publier les PV des bureaux de vote, la Cenco produise aussi les documents d’où elle tire ses données. C’est peut-être ainsi que l’on pourra savoir si, en définitivement, ce ne sont pas les données collectées par ses observateurs qui ne correspondent pas à celles de la Ceni…

JEK

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