PRÉSIDENCE DE LA RÉPUBLIQUE : DES LETTRES ET DES CHIFFRES QUI CHOQUENT

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Du Dircaba qui démarcherait sur un marché de 180 millions d’euros pour la construction d’un palais présidentiel à l’allocation, par le Dircab, à un privé d’un financement pour un projet d’affaires, le tout au nom du chef de l’Etat, les internautes auront passé une journée de mardi chargée d’émotions avec des lettres contenant des chiffres qui donnent le tournis, surtout lorsque le tout porte sur des urgences.

Un mélange de surprise, d’étonnement et d’indignation  a déferlé toute la journée de ce mardi 25 juin sur les réseaux sociaux autour de certaines lettres attribuées à la « haute hiérarchie » du cabinet du Chef de l’Etat. Etonnement, surprise et indignation d’abord pour cette facilité déconcertante avec laquelle des correspondances aussi sensibles au sommet de l’Etat atterrissent sur la place publique alors que l’encre des accusés de réception n’a pratiquement pas encore séché.

Surprise, étonnement et indignation aussi quant à leurs contenus liés tous à des questions financières avec des montants pharaoniques pour des « urgences » sujettes à caution et des procédures qui laissent pantois. D’abord avec ce document attribué au Directeur de cabinet adjoint du Président de la République qui requerrait, au nom de la « haute hiérarchie », un accord de la Direction générale du contrôle des marchés publics pour passer un marché de gré à gré avec une firme privée en vue de la réhabilitation de la cité de l’Union africaine et du Palais de la Nation abritant les bureaux et les services de la présidence de la République, ainsi que la construction d’une résidence officielle du chef de l’Etat qui n’en disposerait pas dans la ville de Kinshasa. Coût du marché : 180 millions d’euros, rubis sur l’ongle !

Certes, Désiré Casimir Kolongele Eberande, attributaire de la lettre, en a dénié l’authenticité, aidé en cela par le porte-parole du chef de l’Etat. Tous affirment qu’il s’agit d’une intox diffusée pour des raisons inavouées. Un démenti qui, cependant, résonne dans certains esprits comme une façon de détourner l’attention pour atténuer le choc que son contenu a provoqué dans l’opinion.

Pour d’autres, par contre, ce démenti est venu raviver leur conviction et ainsi exacerber l’effet du choc au vu du déferlement de nouveaux éléments sur le dossier. Des sources sures à la Primature soutiennent son authenticité qui aurait poussé un préposé au circuit du courrier à le balancer dans les réseaux sociaux, choqué qu’il était aussi par son contenu. Les mêmes sources disent reconnaître certaines écritures sur les annotations en première page de ladite lettre.

Par ailleurs, la proximité de certains proches collaborateurs bien identifiés du chef de l’Etat avec la société attributaire du marché – « Démocratic Congo High Tech Construction Company » (DCHTCC) – vient rajouter le trouble entre son contenu et le démenti pare-feu ( !), sans oublier le profil même de cette entreprise d’origine prétendument turque, mais de création récente (on parle de mai 2019) enregistrée au Guichet unique de création des entreprises (GUCE). Cependant, pour une entreprise de la trempe de ce genre de marchés et la hauteur du budget, cette société n’a aucune existence sur la toile en termes de site internet ou d’une quelconque référence quant à ses marchés antérieurs, par exemple.

Bref, autant d’enchevêtrements d’inconnus qui font tourner les regards vers une arnaque de haut vol.

Les lettres étonnantes et choquantes, c’est aussi celle du Directeur de cabinet en personne, Vital Kamerhe, dans laquelle, toujours au nom du Président de la République, il a accède à la requête d’un privé – la société ZAWAL gérée par un certain Doudou Makuangu Nkombo – pour un accompagnement financier d’un projet économique. Kamerhe informe l’investisseur de l’instruction donnée au Foner (Fonds national d’entretien routier) pour lui allouer, chaque mois et pendant 12 mois, la somme de 2 millions de dollars (soit au total 24 millions Usd) pour la construction des entrepôts et stations-services à l’intérieur du pays.

Une facilité qui suscité des interrogations quant à une telle démarche dont la compétence légale est pourtant dévolue au Fonds de promotion de l’industrie. Des interrogations également quant à la source de cette allocation – le Foner – dont la destination des fonds est pourtant bien indiquée dans sa dénomination.

Enfin, cette autre lettre du même Dircab qui instruit le ministre des finances de débloquer en procédure d’urgence une somme de 1,146 millions de dollars pour financer la construction d’un mausolée de feu Gizenga et organiser ses funérailles officielles et définitives. La lettre contient également un échéancier de décaissement qui s’étale sur trois mois jusque fin juillet 2019.

Des montants aussi pharaoniques qui, manifestement, n’ont pas laissé indifférentes certaines personnes qui ont ainsi décidé de les mettre sur la place publique afin que chacun en juge. Et en fait de jugement, les internautes n’y sont pas allés de main morte, parvenant jusqu’à comparer toutes ces « urgences » au désormais célèbre slogan « le peuple d’abord »…

JEK

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