Plutôt inattendu et intrigant, le changement de discours de Fayulu à Kisangani

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Plutôt inattendu et intrigant, le changement subit de discours de la part de Martin Fayulu à Kisangani, le chef-lieu de la province de la Tshopo. Alors qu’on l’entendait exhiber sa dance habituelle avant ses propos et tenir son discours de la vérité des urnes, ses partisans venus en masse l’écouter à la place de la poste dans la commune de la Makiso ont eu droit à un discours de revirement à 180° de la part de celui qui se réclame le président légitime de la RDC. Est-ce à dire que le combat de la vérité des urnes dans les neuronnes de MaFa est devenu obsolète ? Ou est-ce que les commanditaires des shows post-électoraux ont demandé à leur ouaille de changer de fusil ? En dernière analyse, il s’avère que quelque chose  s’est passé pour que Martin Fayulu change de discours. Comment comprendre ce virage et à quoi le peuple doit s’attendre désormais ?

 

Des marches de coercition

Dans sa harangue, « Fayulu a annoncé des manifestations pacifiques imminentes afin de contraindre Félix Tshisekedi dont il conteste l’élection à divorcer avec Joseph Kabila qu’il accuse d’avoir la mainmise sur le pouvoir ». C’est assez paradoxal et absurde que Fayulu s’investisse dans des activités pour contraindre Fatshi de divorcer avec Joseph Kabila, parce qu’à supposer qu’il obtient gain de cause, cela ne va pas l’aider à avoir l’effectivité du pouvoir dont il rêve en RDC. Or, en piochant dans le passé commençant par la formation de la plateforme Lamuka et s’attardant sur l’artificielle crise postélectorale entretenue par Fayulu, l’on se rend compte que Fayulu a été mis à contribution par les lobbies miniers et officiels occidentaux pour fléchir Fatshi sur l’essentiel dont ils avaient besoin, à savoir : obtenir la non-application du nouveau code minier de mars 2018 et le contrôle de tous les secteurs de la vie nationale de la RDC.

L’évolution des données politiques avec l’échec de Fayulu, la victoire de Fatshi et surtout la victoire électorale du Front commun pour le Congo (FCC) qui a brigué la majorité parlementaire a été telle que, vu la Constitution, la marge de manœuvres de Fatshi risqait d’être amoindrie s’il ne contrôlait pas le Premier-ministre. D’où nécessité de faire quelque chose pour que Fatshi ait la mainmise sur le Premier-ministre. Après l’impossibilité d’user du pouvoir de la dissolution du Parlement par le Président, les conditions quant à ce n’étant pas réunies ; après les tentatives mort-nées de débauchange des députés du FCC, une lueur d’expoir a été répandue dans les consciences des cadres du Cach avec l’exploitation des divicendes de la formation de la coalition FCC-Cach pour espérer nommer un  Premier-ministre de l’obédience de Fatshi. Peine perdue ou mirage, car, vu son poids au sein de la coalition, le Premier-ministre ne peut décemment provenir que du  FCC. Entretemps, il se raconte qu’il existerait un contrat secret entre Joseph Kabila et Fatshi en vertu duquel Joseph Kabila contrôle Fatshi qui serait son pantin. Mais ce n’est là que des bobards et racontars politiciens, vu que c’est à cause des résultats glanés au terme des élections législatives que le FCC dont l’autorité morale est Joseph Kabila.

C’est donc eu égard à la coalition formée entre FCC et Cach qu’il y a un lien entre Joseph Kabila et Fatshi, une coalition qui profite plus à Cach qu’au FCC et qui permet d’éviter une cohabitation classique qui comporte le risque de production de vagues entre d’une part la famille disposant du Chef de l’Etat, Cach, et, la famille ayant la majorité au Parlement, FCC, d’autre part. Par le passé, le mauvais vécu de la cohabitation d’abord entre KasaVubu et Lumumba en 1960, ensuite entre Kasa Vubu et Moïse Tshombe en 1965 a conduit respectivement à la neutralisation du premier gouvernement congolais suivi de la mise en place par le Haut-commandement militairie d’un gouvernement des commissaires généraux ainsi qu’à la prise de pouvoir par l’armée définitivement par Mobutu le 24 novembre 1965. Le rapprochement entre Fatshi et Kabila a l’avantage d’éviter  ces cas de figure à la RDC.

 

« …Faites que Kabila parte définitivement… »

Cette demande en est une autre que MaFa a adressée aux Boyomais venus l’écouter. Il n’y a pas de doute que Joseph Kabila est parti de la présidence du pays, un poste qu’occupe maintenant pleinement Fatshi et qui pose même des actes que Joseph Kabila n’a pas posés, comme la grâce présidentielle accordée à certains prisonniers. Fayulu, sans vergogne, tâche d’embrouiller pour rien le peuple en lui faisant croire que Kabila n’est pas parti du pouvoir afin d’ameuter les gens contre lui.  Joseph Kabila est, en vertu de la Constitution, sénateur à vie qui jouit d’un grand poids politique fait du score électoral réalisé par le FCC qu’il dirige. Le nier, ce n’est pas reconnaître la Constitution et verser dans les logiques subversives qui lui seraient insufflées par les commanditaires impérialistes qui s’appliquent à anéantir la classe des nationalistes congolais dont nombreux sont dans le FCC. Outre la bourgeoisie compradore, une partie du peuple risque d’être utilisée par ces ennemis du pays pour y  semer la confusion.

La Constitution a tout régler et il sied aux politiques conséquents de la RDC d’expliquer les titres, articles et alinéas de la Constitution qui traitent des matières relatives à la figure de la cohabitation qui a lieu lorsque le chef de l’Etat élu n’a pas la majorité au Parlement. La centrale électorale qui a proclamé Fatshi lauréat de la présidentielle du 30 décembre 2018 est la même qui a aussi proclamé la majorité des sièges parlementaires obtenue par le FCC. En s’investissant pour contraindre Fatshi à  se désunir de Joseph Kabila, MaFa fait la même chose qu’Emmanuel Macron et les autres officiels occidentaux qui s’emploient, dans les coulisses, à briser ce lien, pourtant salutaire pour la RDC. C’est aussi verser dans la subversion, peut-être après s’être rendu compte que son ancien message de haine à l’endroit de Fatshi et de sa tribu ne passait pas, Fayulu s’emploierait à se rendre utile à ses maîtres occidentaux  qui ne veulent pas que la fraction nationaliste des politiques congolais déjà immunisés face à l’impérialisme reste au pouvoir.

Samy BOSONGO

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