KABILA S’EST ENTRETENU AVEC GUTERRES A NEW-YORK

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Cette rencontre dissipe la polémique née du voyage manqué, en juillet dernier, du SG de l’ONU et du Président de la Commission de l’Union africaine qui devaient se rendre à Kinshasa. A noter également que les réunions de haut niveau prévues à New-York sur la RDC ont été annulées. Leurs organisateurs se sont rendu compte de leur erreur de n’avoir pas associé les Congolais à leur préparation.

Le Président de la République, Joseph Kabila Kabange, s’est entretenu avec le Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, mercredi 26 septembre 2018 à New-York en marge de la 73ème session de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Le SG de l’ONU avait, dans sa suite, son envoyée spéciale en RDC et cheffe de la Monusco, Mme Leila Zerrougui. Pour sa part, le Chef de l’Etat congolais avait à ses côtés, notamment le Vice-premier Ministre en charge des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, et son Directeur de cabinet, Néhémie Mwilanya Wilondja.

Rien n’a filtré de cet entretien, mais on croit savoir qu’il a tourné essentiellement autour du processus électoral en cours en RDC, de la situation sécuritaire et de la question du retrait de la mission onusienne. Dans son discours tenu la veille à la tribune des Nations-Unies, Joseph Kabila avait abordé toutes ces questions, réaffirmant, en ce qui concerne le processus électoral, que celui-ci se déroulait avec satisfaction et qu’il était irréversible. Il avait également dénoncé l’ingérence extérieure dans ce processus tout en réitérant l’engagement du Gouvernement à en assurer entièrement le financement.

Pour ce qui est de la situation sécuritaire, le Chef de l’Etat avait noté qu’elle était stable dans l’ensemble du pays tout en déplorant la persistance des violences à l’Est, notamment à Beni qui vient d’être secouée par une nouvelle attaque terroriste. Le Président Kabila avait, néanmoins, assuré que la RDC poursuivra ses efforts afin de mettre fin à ces violences perpétrées par des terroristes étrangers.

Quant à la mission onusienne en RDC, le Président de la République est revenu sur le bilan mitigé de sa présence depuis une vingtaine d’années et a réitéré son exigence du début effectif et substantiel du retrait de cette force multilatérale.

 

Plus de vagues entre la RDC et l’ONU

L’entretien du Président Joseph Kabila avec le Secrétaire général Guterres met ainsi fin à la polémique qui avait prévalu en juillet dernier suite à une mission manquée que ce dernier devait effectuer en RDC en compagnie du Président de la commission de l’Union africaine. Kinshasa avait justifié son indisponibilité par l’agenda chargé du Chef de l’Etat, tout en assurant que de nouvelles dates allaient être fixées. La cheffe de la Monusco avait également donné les mêmes assurances.

Par ailleurs, en date du 9 août 2018, le Secrétaire général des Nations-Unies avait salué la décision du Président Joseph Kabila de respecter la Constitution de son pays, ainsi qu’il s’y était engagé, en ne se présentant pas pour un troisième mandat. Dans une déclaration faite par son porte-parole, Antonio Guterres s’était également félicité « des progrès enregistrés dans la préparation des élections présidentielles et législatives prévues le 23 décembre 2018 en République démocratique du Congo », avant de réitéré l’engagement des Nations-Unies à « continuer à travailler avec le Gouvernement et le peuple de la RDC en vue de la tenue d’élections libres et crédibles conduisant à un transfert de pouvoir pacifique ».

A noter que la Monusco a des experts permanents qui travaillent quotidiennement au sein de la CENI dans l’organisation des élections.

 

Les réunions sur la RDC annulées

Par ailleurs, les réunions de haut niveau sur la RDC prévues en marge de la présente session de l’AG de l’ONU ont été annulées. La confirmation en a été donnée à la presse par Barnabé Kikaya Bin Karubi, Conseiller diplomatique principal du Chef de l’Etat.

« Nous avons été informés en dernière minute de la tenue de deux réunions par note verbale », a annoncé Kikaya. S’agissant de la première réunion, il a expliqué : « La première devrait avoir lieu le 27 septembre et serait dirigée par Said Djinnit, envoyé spécial du Secrétaire Général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, et un ambassadeur allemand sur la région des Grands Lacs. Nous savons bien quand on parle de l’Afrique centrale, c’est d’abord de la RDC. Nous étions premiers sur la liste des invités ». Justifiant le refus de la délégation congolaise d’y prendre part, le Conseiller du Chef de l’Etat a déclaré : « Nous avons décliné cette invitation pour la simple raison que nous ne connaissions pas les termes de référence de la réunion, encore moins les objectifs. Aller dans une telle réunion pieds et poings liés, sans en savoir les objectifs, c’est de l’amateurisme et le gouvernement congolais ne travaille pas comme un gouvernement amateur ».

Quant à la seconde réunion, Kikaya Bin Karubi a fait savoir qu’elle « devrait avoir lieu le 28 septembre et, cette fois-ci, c’était une réunion ministérielle de haut niveau sur la RDC. Etaient invités à cette réunion, plusieurs pays qui s’intéressent à la RDC (ainsi que), la CIRGL, la SADC, l’UA, l’ONU. Encore une fois, sans connaître les termes de référence d’une telle réunion, il nous est impossible d’y participer de manière positive et même effective. Le gouvernement a décidé de ne pas y aller ».

Et les annulations intervinrent : « Eux-mêmes se sont rendus compte de l’erreur qu’ils ont commise en n’associant pas la RDC dans la préparation de cette réunion. En ne nous associant pas, ils se sont tiré une balle dans le pied. Ils ont annulé les deux réunions ».

Pour autant, la RDC demeure ouverte aux discussions la concernant et le Conseiller Kikaya l’assure : «  Le Congo n’est pas fermé. Si les organisations comme l’ONU pensent qu’une telle réunion est nécessaire et qu’elles nous associent dans la préparation de la réunion, nous sommes disposés à discuter avec elles ». Il précise, cependant, que ces initiatives devront tenir compte du fait que le processus électoral est sur le rail, que le gouvernement a décidé de financer ces élections tout seul et que les décaissements se font. De ce fait, conclura-t-il, « il n’y a pas péril en la demeure pour organiser des réunions à l’extérieur du pays qui parleraient de la RDC. Avec les décisions prises au pays de remettre au Congo sa souveraineté, je pense que le Congo n’est pas ce grand malade autour duquel doivent se retrouver plusieurs médecins ».

Yvon Ramazani

Envoyé spécial à New-York

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