JOSEPH KABILA : LE PLÉBISCITE PLANÉTAIRE

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Paris et Washington félicitent Joseph Kabila pour avoir tenu parole quant au respect de la Constitution ; Bruxelles développe la langue de bois, autant que des opposants congolais et la Cenco plutôt gênés après un discours et une démarche aussi extrémistes qu’alarmistes. Une chose est sure : Joseph Kabila a inscrit son nom en lettres d’or dans l’histoire politique de la RDC et de l’Afrique.

Joseph Kabila ne briguera pas un nouveau mandat à la tête de la RDC. Le Président de la République en fonction a confirmé son engagement de respecter la Constitution en désignant un dauphin qui représentera le Front Commun pour le Congo (FCC), la nouvelle plate-forme de la majorité.

Cette désignation a levé le mystère qui planait sur la position définitive du Chef de l’Etat et sa famille politique. Jusqu’en dernière minute, les tractations se sont poursuivies autour de Joseph Kabila dans un black-out tel que même les sociétaires du FCC ont connu le dauphin par les médias. Cependant, au-delà de cette désignation d’un dauphin, le plus grand événement aujourd’hui n’est autre que ce précédent quasi-continental qui va faire que pour une fois en Afrique centrale, un Président de la République va offrir à son pays une alternance démocratique dans la tradition des Constitutions à travers les cieux démocratiques. Pour la première fois aussi, la RDC va avoir un ancien Président vivant et qui lègue à son pays un héritage sans précédent : celui de l’administration d’une pratique démocratique qui a fait ses preuves loin de tout complexe et de toutes formes de pressions et menaces.

Depuis mercredi dernier, Joseph Kabila, celui-là même qui a été la cible de toutes les invectives, menaces et pressions, devient la coqueluche des places diplomatiques et des médias internationaux. Même si certains attribuent ce mérite aux pressions dont ils ont été les auteurs.

 

Paris et Washington soulagés

Paris, par exemple, ne cache pas son enthousiasme. « Si elle ne règle pas tout, c’est quand même une décision historique en Afrique centrale », commente un diplomate français de haut rang, selon l’Afp. Le diplomate salue également « une posture assez courageuse du Président Kabila », tout en précisant que « la bonne nouvelle, c’est que la Constitution n’a pas été triturée ».

Cette réaction de Paris est d’autant plus intéressante que la France ployait sous la pression des opposants congolais déterminés à en découdre avec Kabila qu’ils soupçonnaient de vouloir violer la Constitution pour se représenter à la présidentielle de décembre 2018. L’Afp révèle, en effet, ce qui suit : « Quelques semaines après l’élection d’Emmanuel Macron, Franck Paris, le conseiller Afrique du président, et Rémy Maréchaux, le directeur Afrique du Quai d’Orsay, s’étaient ainsi discrètement rendus à Kinshasa pour rencontrer Joseph Kabila. Les opposants, eux, n’ont cessé de défiler ces derniers mois dans le bureau de Rémy Maréchaux ». Soulagé donc, le diplomate interlocuteur de l’Afp se lâche : «  « Ce qui s’est passé donne raison à notre approche », une emprunte de diplomatie discrète et d’engagement avec les acteurs, notamment régionaux.

« C’est la bonne décision, l’inverse aurait constitué une fuite en avant, aurait satisfait les plus durs dans l’entourage de Joseph Kabila mais précipité l’isolement du pays », se réjouit-on encore à Paris où l’on se souvient que «  jamais jusqu’ici la République Démocratique du Congo n’a connu de transition du pouvoir pacifique ».

Tout le mérite revient à Joseph Kabila assure-t-on dans la diplomatie française : « Cette décision n’est pas une surprise, car Joseph Kabila restait très constant sur ce point, mais dans son entourage les opinions n’étaient pas homogènes ». Une posture qui fait sortit le Président congolais du lot dans région : « Dans cette région, ce n’est pas la pratique habituelle que de passer la main, c’est plutôt l’inverse qui est la norme. C’est une posture courageuse de Joseph Kabila que d’aller jusqu’au bout de la démarche qu’il avait engagée ».

Cerise sur le gâteau, Emmanuel Macron s’est exprimé en personne pour saluer la décision de Joseph Kabila et exprimer la disponibilité de la France à accompagner la RDC dans son processus électoral.

Par contre, les Etats-Unis, qui étaient à l’avant-garde des pressions sans fards, se font plus modestes dans leurs discours et saluent la décision de Joseph Kabila. « Nous saluons les informations selon lesquelles le président Kabila ne cherchera pas à obtenir un troisième mandat en conformité avec la constitution de son pays »,  a déclaré l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, dans un communiqué. Et d’ajouter, presque sur le ton d’un gêne : « Ce développement est une autre avancée, mais il y a bien davantage à faire ».

 

Bruxelles gêné pour son extrémisme

Silence radio, cependant, du côté de Bruxelles où l’on nage en pleine contradiction depuis le déclenchement de la crise avec Kinshasa. Des voix discordantes ont, en effet, mis à mal la diplomatie belge sous la conduite de Didier Reynders à qui l’on ne cache pas d’avoir agi sans tact. Conséquence aujourd’hui : la Belgique a perdu l’initiative du dialogue avec Kinshasa et le sait plus influer sur sa politique intérieure. Une bien mauvaise affaire pour tous ces opposants qui avaient fondé tant d’espoirs sur l’appui de la Belgique dans la conquête du pouvoir.

Dans une brève déclaration ce matin, Didier Reynders a dit insisté pour la tenue d’élections crédibles et transparentes.

 

A Kinshasa, langue de bois à la Cenco et chez les opposants

A Kinshasa, enfin, l’on entend une langue de bois qui exprime un soulagement quant au respect de la Constitution, mais qui se refuse par gêne de reconnaître ce mérite à son auteur à qui l’on a fait subir tant de pressions. Eve Bazaïba du MLC s’en est extasiée dans une déclaration en saluant le respect de la Constitution tout en omettant de mentionner celui qui l’a rendu possible. Même attitude à la Conférence épiscopale nationale du Congo) où son Secrétaire général, l’Abbé Nshole constate plutôt une application de l’Accords de l        a St Sylvestre à 50%.

Ainsi va la vie de la RDC ces derniers jours autour de ce plébiscite international de Joseph Kabila.

YR

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