VOICI COMMENT MONSENGWO TORPILLE LES ELECTIONS

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Depuis que l’église catholique a signé, à Chantilly, le « manifeste » visant l’instauration d’une « transition sans Kabila », l’archevêque de Kinshasa a pris les commandements de la croisade visant à faire échouer le processus électoral pour faciliter la prise de pouvoir par voie insurrectionnelle. Du rejet de feu Malu-Malu à l’hypothèque sur la machine à voter en passant par la récusation de Corneille Nangaa ou la disqualification des partenaires aux élections, les obstacles ne se comptent plus…

Alors qu’il coachait une marche qui devait se tenir le dimanche 25 février 2018 après avoir officiellement démontré sa reconnaissance provisoire du CLC, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya s’est présenté samedi dernier à l’aéroport international de Ndjili pour s’envoler vers l’Europe à bord d’un régulier de SN Bruxelles. Malheureusement, l’avion a connu une panne alors qu’il effectuait déjà le taxi et il a fallu un camion pour le remorquer vers le tarmac. L’archevêque de Kinshasa attendre jusque tard vers 00h00’ pour s’envoler finalement, abandonnant derrière lui ses militants/fidèles. Et les morts et blessés que l’on a encore dénombré dimanche dernier sont du vrai pain béni pour le lobbying qu’il a entamé en Occident.

Comme les acteurs politiques congolais nous y ont déjà habitués, le prélat catholique comptait bien aller « vendre » le sang innocent des Congolais qu’il a fait mettre dans la rue avec pour objectif clair de discréditer le pouvoir en place et, in fine, le disqualifier comme partenaire aux élections afin de ne laisser aucune autre alternative à une « transition sans Kabila ». Ceci simplement parce que Monsengwo et ses alliés politiques internes et externes, n’ont aucune place dans leurs stratégies pour des élections, apaisées ou pas.

 

Du sang pour une « transition sans Kabila »

En effet, lorsque l’église prétend maintenir le peuple en février éveil avec toutes ces manifestations en vue des élections, elle oublie de dire de quel apport elle aura été à ce jour pour conduire ce même peuple aux élections. A la place, Monsengwo a réussi plutôt à embarquer toute l’église dans sa logique du chaos après avoir connu quelques résistances de la Cenco à travers la seule personne de son Président en exercice, Marcel Utembi Tapa, aujourd’hui plus que jamais minorisé après l’assemblée plénière extraordinaire.

Depuis lors, Monsengwo a les coudées franches pour agir et il s’y est investi en commençant par publier un acte antidaté de reconnaissance provisoire du CLC. Ensuite, le même CLC fait désormais signer ses déclarations par les 8 membres composant son comité. Et après avoir, par deux fois, refusé de rencontrer l’autorité publique pour discuter de l’itinéraire des différentes marches qu’ils ont initiée au nom de l’église de Kinshasa – lisez Monsengwo – ces membres ont préféré déléguer leurs avocats que le Gouverneur Kimbuta a refusé de recevoir.

Mais à vrai dire, le CLC/Monsengwo n’avait pas besoin d’une telle rencontre puisqu’il fallait absolument tenir une marche litigieuse en omettant, encore une fois, de préciser l’itinéraire. Tout simplement parce que ce n’est pas tant l’assomption des libertés que les organisateurs cherchaient, mais bien un bilan à vendre pour discréditer et disqualifier le pouvoir.

La stratégie des marches n’est, par ailleurs, pas le seul moyen par lequel Laurent Monsengwo compte faire capoter les élections au profit d’une transition sans Kabila. Même la crédibilité de la Ceni est mise à contribution lorsque, dans la déclaration sanctionnant sa dernière assemblée, elle revient sur le besoin d’un ajustement de cette structure, alors que cet exercice prévu dans l’accord de la St Sylvestre est forclose. Les différentes parties avaient, en effet, 15 jours à dater de la signature de l’accord pour faire remplacer leurs représentants auprès de la Ceni.

Mais Monsengwo sortira également un autre pigeon de sa soutane : cette fois-ci la machine à voter dont elle exige désormais une certification par des experts nationaux et internationaux. Ce à quoi Corneille Nangaa a déjà répondu que la Ceni dispose en interne et en permanence de 52 experts nationaux et internationaux qui suivent quotidiennement son travail.

 

Comment l’église vogue en marge de la Ceni

Entretemps, cela fait bien longtemps que l’église catholique s’était refusé d’accompagner la Ceni dans sa mission. Un refus parti dès le moment où feu l’Abbé Malu-Malu avait été désigné en remplacement de Ngoyi Mulunda. Refus justifié par le fait que l’église ne devait pas s’occuper de la politique (comme elle l’avait signifié en 2006), mais sans dire en quoi ses initiatives actuelles n’ont rien de politique.

Viendra ensuite l’étape de la désignation de Corneille Nangaa pour remplacer Malu Malu. Ici encore, l’église catholique, faisant partie de la société civile qui désigne le Président de la Ceni, refuse de siéger avec les autres. Jusqu’aujourd’hui encore, elle refuse de siéger au sein du Comité d’intermédiation pour des élections apaisées (Cime) qui accompagne la Ceni et tous les autres partenaires électoraux dans le processus électoral.

La vérité donc est que l’église catholique ou, tout au moins, une certaine frange très politisée de son clergé, a son agenda qui se voit contrarié par celui du processus contenu dans le calendrier électoral. Depuis le sortir des négociations politiques, Monsengwo et ses lieutenants kinois n’ont de cesse de s’escrimer pour le faire avancer. Déjà, la médiation catholique avait pris soins d’abandonner sa mission sans la mener à terme parce que cela allait contrarier ses calculs. Il ne fallait absolument pas finaliser l’arrangement particulier, mais plutôt renvoyer la patate chaude du remplissage des cases à Joseph Kabila à qui on voudra même faire arbitrer des conflits internes aux regroupements politiques.

 

Les radicaux à Genval, la Cenco à Chantilly

Entretemps, les catholiques avaient leur choix dans cet arrangement particulier : le retour au pays de Moïse Katumbi « en homme libre ». Et pour cela, l’église ne s’est pas empêchée de dépêcher une mission à Lubumbashi où elle se fit prendre en charge par la « ferme Futuka » dans le cadre de la décrispation du climat politique. Plus tard, la même église prendra le même chemin de l’occident pour aller à la rencontre des mêmes lobbies qui avaient réunis les radicaux de l’opposition et de la société civil à Genval dans la banlieue bruxelloise. Cette fois-ci, la délégation catholique prendra part à une réunion d’organisations dites citoyennes et de la société civile à Chantilly, dans la banlieue parisienne, sous le coaching officiel de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), un organisme notoirement connu comme faisant partie de la nébuleuse « Open society » du tout aussi nébuleux George Soros.

Au sortir de la réunion de Chantilly, la Cenco signera un « manifeste » dont les objectifs clairement exprimés étaient d’obtenir le départ de Kabila au 31 décembre 2017 si les élections ne sont pas organisées avant, et d’instaurer alors une transition sans ce dernier. Pour y parvenir, le plan d’action de ce manifeste avait arrêté une série de manifestations dont le point culminant se trouvait être justement la date du 31 décembre 2017. Pour ce faire, l’histoire retient que la Cenco avait promis d’apporter son concours à cette démarche par la sensibilisation des fidèles dans toutes les paroisses de l’église catholique à travers le pays.

 

Monsengwo a fait déclasser le Calcc pour le CLC

La démarche en cours aujourd’hui épouse parfaitement ce plan. A la seule différence qu’en lieu et place du Conseil de l’apostolat laïc catholique du Congo (Calcc) qui portait le discours de l’église, Mgr Monsengwo imposera son CLC. Et la suite est connue. Dans le contexte des différentes marches qui vont alors se multiplier, Mgr Monsengwo est aperçu dans un aéroport bruxellois avec Moïse Katumbi et Olivier Kamitatu avant de revenir galvaniser ses foules pour produire des bilans statistiques à vendre auprès des partenaires extérieurs impliqués dans le plan d’insurrection.

En un mot comme en mille, Mgr Monsengwo évolue dans une logique rigoureuse dont la compréhension remonte au sortir des élections de 2011. C’est déjà ici que, passant outre la décision de la Cenco qui avait refusé de livrer le résultat de son observation des élections, ce prélat catholique larguera la phrase qui sous-tend la crise politique jusqu’à ce jour : « Ces résultats (Ndlr : de la Ceni) ne sont conformes ni à la justice ni à la vérité ». Depuis lors, tout dans son comportement concourt à une fin : « Que les médiocres dégagent ». Lisez « Kabila dégage ». Même lorsque la Cenco fait une déclaration le 2 janvier 2018 sur la marche du 31 décembre 2017, il se croit en droit de venir « biffer les mentions inutiles » avec la sienne propre qui entretient la tension et la crise actuelle.

En conséquence, loin de constituer des martyrs d’une quelconque lutte de libération, les victimes des manifestations subversives de Monsengwo ne sont qu’une marchandise qui approvisionne la chambre forte de son cheval de Troie que

Pascal Debré Mpoko

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