« RAPPORT THE SENTRY » OU LA NOUVELLE BATAILLE POUR LA CONQUÊTE DE LA RDC

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Le dernier rapport de l’Ong américaine « The Sentury » soulève des vagues jusqu’à Bruxelles où un ancien agent des lobbies occidentaux y trouvent une nouvelle croisade de ces mêmes lobbies qui, n’ayant pas réussi à prendre le contrôle du pouvoir à travers les urnes, seraient aujourd’hui engagés pour faire imploser la coalition Fcc-Cach afin de récupérer Félix Tshisekedi qu’ils estiment malléable. La présence de Joseph Kabila et sa posture souverainiste aux côtés du nouveau chef de l’Etat n’est pas pour faciliter ces stratégies. Il faut donc l’abattre pour libérer la voie…

« Rien de nouveau sur les bords du fleuve Congo ». La boutade est d’un observateur de la vie politique RD-congolaise qui parle, en fait, du dernier rapport de l’Ong américaine « The Sentry » sur Joseph Kabila et ses familles politique et biologique. « The Sentry » est une Ong américaine créée par l’ancien acteur américain George Clooney (photo d’illustration).

Attablé dans un lunch de la place bruxelloise, notre interlocuteur, fin connaisseur des allées politico affairistes occidentales, ne s’émeut point de ce nouvel assaut qu’il met sur le compte de la longue bataille pour la conquête du pouvoir politique en RDC dans le but de (re) prendre le contrôle de ses riches marchés d’investissement. Surtout le secteur minier et ses matières précieuses devenues aujourd’hui plus que stratégiques pour la technologie de pointe en Occident.

« Personne, aujourd’hui, ne parle encore des minerais du sang qui enrichissent pourtant les multinationales occidentales malgré les différentes restrictions qui, en réalité, se perdent dans le fatras des mesures que chacun, comme les américains, prend pour se donner bonne conscience pendant qu’en sous-main, les mêmes multinationales continuent de s’approvisionner dans les réseaux maffieux des exploitations minières ». Et il constate un rush « d’inquiétudes hypocrites » sur les zones de guerre en Afrique qui coïncident, dans la majorité des cas, avec des gisements des ressources minières et pétrolières comme le Soudan, le Sud Soudan, la RDC et la Centrafrique. Bref, ce même carré sur lequel « The Sentry » dit concentrer ses enquêtes.

 

Faire imploser la coalition Cach-Fcc pour faciliter les affaires

Revenant sur le dernier rapport qui implique le nouvel ancien président congolais et sa famille, ce vieux routier des milieux politico affairistes occidentaux dégage une série de coïncidences qui convergent en faisceau sur la RDC et le nouvel environnement politique qui y règne aujourd’hui. Il note par exemple que « la coalition au pouvoir aujourd’hui en RDC n’est pas du goût de ces occidentaux qui, après avoir échoué de prendre le contrôle du pouvoir à travers leurs alliés congolais longtemps coachés jusqu’à leur dernière association de « Lamuka », cherchent à récupérer Félix Tshisekedi dans leur giron, espérant qu’ils trouveraient en lui un leader malléable ». Dans ce calcul, poursuit-il, la présence de Kabila aux côtés de Tshisekedi, à travers la coalition de gouvernement qui les unit, les effarouche à l’idée que le premier contaminerait le second de son souverainisme pour ainsi compromettre leurs desseins.

Et de détailler : « Lorsque les Américains se répandent en aménités au sujet de Félix Tshisekedi dont le séjour à Washington avait mobilisé toutes les huiles des arcanes institutionnels américains, ce n’est certainement pas pour ses beaux yeux ou ses déclarations d’intention, surtout qu’au moment de ce séjour, il n’en était encore, justement, qu’à des déclarations ». Après le ballet diplomatique à Kinshasa qui avait précédé ce séjour du nouveau Président congoloais à Washington, on va assister à une activité débordante de l’ambassadeur des USA sur terrain, à Kinshasa et à l’ex-Katanga. « Un axe qui dit tout des visées affairistes qui se trament derrière ces assauts visant à faire imploser la coalition Cach-Fcc dans le dessein inavoué de rendre Tshisekedi plus malléable ».

 

Face au souverainisme de Kabila, Moïse Katumbi à l’abordage

Aux yeux des occidentaux donc, Joseph Kabila constituerait une barrière autour de Félix Tshisekedi, d’où toute cette campagne au sujet d’une supposée mainmise continue de Kabila sur le pouvoir. « Et à force de marteler sur ce refrain, notamment à travers des productions médiatiques de Jeune Afrique, RFI, France 24 ou encore La Libre Belgique, l’objectif est de construire une vérité sur du vent avec pour finalité de déclencher des attitudes puis des comportements qui finiraient par installer, dans un premier temps, la méfiance dans l’alliance Fcc-Cach et, finalement aboutir à un divorce tant espéré ».

Dans cette équipée concentrée aujourd’hui sur la communication, les lobbies politico affairistes de l’Occident travaillent à fond avec leurs alliés congolais dont la plaque tournante n’est autre que Moïse Katumbi qui aura été au cœur des successifs plates-formes et regroupements politiques des radicaux de l’opposition en partant de lÎle de Gorée au Sénégal jusqu’à Genève en passant par Genval, Chantilly, Bruxelles, etc. « Le fil conducteur est le même puisque l’objectif poursuivi à travers cette croisade n’est pas encore atteint : prendre le contrôle du pouvoir pour faciliter les affaires ».

L’on peut donc comprendre ce discours plutôt équivoque de Katumbi qui dit être rentré pour la paix et la réconciliation tout en assurant avoir pardonné à tous ceux qui lui ont causé du tort, alors que sur un autre registre, il maintient la pédale offensive sur Joseph Kabila. Le dernier cas en date est cette parabole symbolique de deux conducteurs au volant d’un même véhicule. Toute une symbolique pour ceux qui connaissent les procédés de cet homme d’affaires qui a donné là le signal de la nouvelle bataille dont il est porteur : parvenir à diviser Kabila et Tshisekedi en faisant imploser la coalition Cach-Fcc. On se rappelle, en effet, que c’est au retour d’un séjour soi-disant médical à Londres que Katumbi avait largué sa première parabole de trois penaltys qui avait débouché sur son divorce d’avec Joseph Kabila.

 

Lire aussi : http://congovirtuel.org/moise-katumbi-paix-belliqueuse-decryptage/

 

« Avec Katumbi, tout mariage n’est qu’intérêt », commente encore l’ancien baroudeur bruxellois qui se souvient encore que « le même Joseph Kabila, aujourd’hui vilipendé, avait aidé au retour d’exil de ce même Moïse Katumbi jusqu’à en faire un allié politique objectif pendant que celui-ci en profita pour se hisser à la tête de la riche province du Katanga, posture qui lui permettra de développer ses affaires ». Il se souvient aussi que « c’est le même Kabila qui avait sauvé Katumbi sur le gong dans sa guerre contre Jean Claude Muyambo qui l’avait mis dos au mur avec sa dizaine de lettres ouvertes dans lesquels cet avocat d’affaires étalait les frasques affairistes se son frère tribal aux commandes de la province du Katanga ». Tous étaient alors sociétaires de la majorité présidentielle et leur leader, Kabila, ne pouvait pas supporter que ses partenaires s’entredéchirent ainsi, mais le mal était déjà fait avec toutes ces révélations sur le vrai visage du Gouverneur Katumbi.

 

« The Sentry » comme le GEC, Project Enough ou… Bercy de Kamitatu

Retour sur le rapport « The Sentry », l’on constate effectivement qu’il n’y a rien de nouveau et que l’essentiel des accusations qu’il porte se diluent dans l’usage du conditionnel qui, normalement, reporte plutôt le discrédit sur le document et ses auteurs. « Comment expliquer que des experts décrits comme étant parmi les plus pointus de la planète se montrent incapables de produire des certitudes cartésiennes pour nous gifler l’orgueil avec des approximations aussi puéril ? », s’indigne notre interlocuteur qui parle alors d’une imposture au sujet du conditionnel systématique qui jonche le rapport de bout en bout.

« Un bidonnage monté avec des clous rouillés », se console-t-il avant de constater que ce rapport est de la même veine de cet « attelage d’organismes circonstanciels et opportunistes à la solde du même réseau des traders et autres affairistes occidentaux accrochés comme des sangsues à la pauvre RDC sur laquelle tout le monde pose des regards de convoitise, non pas pour le bien de son peuple, mais avant tout et exclusivement pour leurs propres intérêts ». En fait d’organismes, l’on se rappelle, en effet, Que « The Sentry » n’en est pas à la première production du genre. Et en fait d’experts multisectoriels qu’elle prétend utiliser, il s’agit des mêmes « enquêteurs » qui prestent aussi dans d’autres organismes tels que Project Enough, le Groupe d’Etudes sur le Congo (GEC), etc. Et dans cette nébuleuse se profil une autre structure à l’existence aléatoire mais dont la présence dans cette équipée affairiste dit tout de ses finalité et ses acteurs, à savoir Bercy. Bercy appartient à Olivier Kamitatu qui n’est autre que le directeur de cabinet de Moïse Katumbi.

Le fil conducteur est tout trouvé…

Léon Kroegell

(Correspondance particulière à Bruxelles)

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