Propos militants du chef de l’Etat : des détails qui intriguent

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« Déboulonner le système dictatorial en RDC » est l’un des détails des propos tenus par le Président  Félix Tshisekedi lors de sa visite aux USA et pour lequel il a sollicité l’appui des USA. Dans son communiqué du lundi 8 avril 2019, le Front commun pour le Congo(FCC), dénonçait l’ensemble de ces propos jugés militants.

Solliciter l’appui d’une puissance étrangère pour déboulonner le système dictatorial en RDC est d’autant plus lourd d’implications et de sous-entendus qu’il sied d’analyser ces propos pour en tirer toutes les conséquences. Le régime qui a précédé celui de Félix Tshisekedi est, sans l’ombre d’un doute ou d’une conjecture quelconque, celui de Joseph Kabila. Et là, le régime Kabila est peint comme dictatorial et Félix Tshisekedi sollicite l’aide  étrangère pour le déboulonner.

Le poids politique actuel de Joseph Kabila est constitutionnel

Joseph Kabila est présent sur la scène politique à travers son poste de  sénateur à vie puisqu’ex-président élu de la RDC en vertu de la Constitution congolaise actuelle. La mégaplateforme politique FCC dont il est l’autorité morale a moissonné la majorité dans toutes les deux chambres du Parlement congolais aux termes des élections législative nationale et sénatoriale. Le FCC a aussi glané la majorité dans les assemblées de 24 des 26 provinces qui composent la RDC au terme des législatives provinciales. Le FCC qui est le système grâce auquel Joseph Kabila survit politiquement n’est pas à déboulonner par la volonté ni de l’actuel chef de l’Etat, ni par les injonctions qu’il aurait reçues de l’extérieur. Chercher à déboulonner le FCC serait affiché une attitude anti-démocratique et justement dictatoriale en ce que l’actuel chef de l’Etat montrerait qu’il voudrait asseoir son autorité en dehors des confins définis par la Constitution qui définit les compétences, attributions et prérogatives du chef de l’Etat. Il y a dictature quand une autorité se réfère, non pas à la Constitution, mais à sa volonté  dans son élan de gouvernance du pays. Vu sa récolte électorale, le FCC existera et pesera lourdement sur la scène politique congolaise durant les 5 prochaines années.

Vers la compréhension des propos du Président

Avant que le 5 è président de la RDC ne tienne ces propos lors de sa visite aux USA, des faits avant-coureurs ou les premisses de ces propos étaient déjà perceptibles. Vu qu’il est l’actuel Chef de l’Etat congolais, il était prévisible que tous les prédateurs impérialistes se rabattraient sur lui pour tirer leur épingle du jeu congolais. L’on rappelle le conseil lui donné par Emmanuel Macron, le Président français à Nairobi au Kenya, en présence d’Uhuru Kenyata lors d’un dîner le mercredi 13 mars 2019 en marge du 3è sommet One Planet. Il a été conseillé à Félix Tshisekedi de prendre son indépendance vis-à-vis de Joseph Kabila au moment où on attend la nomination  d’un Premier-ministre. Vu les attributions, compétences et prérogatives constitutionnelles d’un Premier-ministre dans un pays à régime semi-présidentiel comme le nôtre, ces propos sont lourds d’implications. Allait-il falloir pour ce faire que Félix Tshisekedi recourre aux logiques autres que constitutionnelles pour nommer un  Premier-ministre quand cela revient de droit au FCC qui a la majorité au Parlement ?

Ensuite, Mgr Fridolin Ambongo conseille qu’on aide Félix Tshisekedi à se prendre ses distances vis-à-vis de J. Kabila, mais à se réconcilier avec Moïse Katumbi et JP Bemba, tous  deux instrumentalisés par les impérialistes européens et décontanancés par le fiasco électoral de Martin Fayulu.

Les analyses ont dénoncé tous ces appels et conseils, décriant la volonté occidentale à semer la  zizanie entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi afin que le premier ne transmette pas l’immunité anti-impérialiste au second. Après la grosse pelle ramassée par Martin Fayulu, si J.Kabila parvenait à vacciner Félix Tshisekedi contre l’impérialisme occidental, il n’y aurait plus d’avenir pour les intérêts occidentaux en RDC, pourtant un grand débouché économique et une source abondante des mineraix variés au nombre desquels des minerais stratégiques actuellement très demandés par l’industrie stratégique et de pointe  de l’Occident. L’on rappelle que Joseph Kabila a été haï pour ses diverses options levées pour mater la prépondérance impérialiste en RDC en adoptant les pays du Brics, en faisant publier un nouveau code minier en mars 2018, en organisant les élections en fonds propres, résistant à toute la panoplie des stratégies mises en place pour l’évinceer du pouvoir à travers une révolution de couleur.

La maîtrise des méthodes de domination impérialiste par Joseph Kabila l’a rendu indésirable aux impérialistes occidentaux. Ce passage, parmi tant d’autres disponibles dans la littérature sur les vrais auteurs des pillages des  ressources de la RDC, est très révélateur et instructif : « Le ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis considère le Président Kabila comme on ne peut plus imprévisible, et cela ne promet rien de bon ». L’expert étasunien, Jason Stearns, figure comme mégaphone et titre sur son site de façon  triomphale : « Un vote de non-confiance contre Kabila». Stearns applaudit le fait que le grand capital punira certainement le méchant gouvernement congolais pour avoir osé penser à tirer profit des richesses congolaises pour le pays même… » ; Ndlr : https://www.investigaction.net/…/qui-sont-les-vrais…/

En plus, selon les géopoliticiens, un president indocile aux injonctions occidentales est présenté comme dictatorial par les impérialistes occidentaux. Ce, à travers les lynchages médiatiques, dans une envolée de le diaboliser et de le faire hair par son peuple et l’opinion internationale pour la preparer à trouver justifiées certaines actions musclées contre un tel president. Pour eux, ce sont les présidents marionnettes  des Occidentaux impérialistes qui sont de vrais dictateurs, car ils dirigent non selon les lois de leurs pays, mais selon les diktats reçus de leurs maîtres aux  dépens des intérêts de leurs peuples.

Félix Tshisekedi aurait-il reçu l’ordre de s’attaquer à Joseph Kabila ou au FCC et lui aurait-il été demandé de le dire publiquement, en formulant une demande d’aide dans ce sens pour couvrir la cascade de déploiement contre Joseph Kabila et le FCC qui pourrait être observé sous peu? Et comment se traduiront les initiatives pour déboulonner le système présenté à tort comme dictatorial? Que les vrais délinquants répondent de leurs actes, mais que l’on ne se serve pas de la justice et des logiques du plus fort et impérialiste pour museler toute voix nationaliste en RDC. Qui vivre verra!

Samy BOSONGO

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