KATUMBI A FAYULU : « JE NE SUIS PAS LA COUR CONSTITUTIONNELLE »

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Que va-t-il rester de Martin Fayulu et ses revendications postélectorales après le retour de Moïse Katumbi ? La question était posée avant même ce moment et peut continuer de l’être jusqu’au retour, à Kinshasa,  de Jean-Pierre Bemba et, à Beni, de Mbusa Nyamuisi. Candidat malheureux de l’alliance électorale « Lamuka » à la présidentielle, Fayulu s’était mis dans les habits de « Président élu » et depuis, il réclame sa « vérité des urnes ». Même si, au fil des jours et des semaines, son discours connaît une transhumance qui ne dit pas son nom.

Hier, en effet, Fayulu exigeait d’être reconnu Président de la République tout en contestant le titre à Félix Tshisekedi à qui il demandait pourtant de démissionner. De cette posture extrémiste qui l’a amené jusqu’à traiter Tshisekedi de tous les noms (pantin, placébo et autres), il en est aujourd’hui à appeler à la rupture de l’alliance Fcc-Cach et rêve de convoler en justes noces politiques avec Félix Tshisekedi, le tout quand même sous le refrain en fond sonore de la vérité des urnes.

C’est sur ces entrefaites que débarque Katumbi dans une offensive de mobilisation à faire pâlir Fayulu et tous ses accompagnateurs de circonstance : Babala, Muzito, Bazaïba, etc. Même si lui-même a dépêché à Lubumbashi un délégué de son Ecidé.

Martin Fayulu aurait-il fini par lire les signes de temps et senti tourner le vent ? En tous cas, cela fait trois bonnes semaines qu’au sortir de la réunion de Bruxelles qui a transformé « Lamuka » en plate-forme politique, l’ancien candidat Fayulu sent se créer réellement un vide autour de lui. Sans se voiler la face, tous ses co-sociétaires – même Muzito dans certaines déclarations – disent avoir déjà tourné la page des élections pour se river vers l’avenir. Mais constatant que Fayulu tendait à s’entêter, Moïse Katumbi aurait choisi de trébucher presque délibérément sur lui à l’occasion ou au détour de ses différentes déclarations.

Déjà dans la traînée de ses déclarations et autres interviews qui jonchaient sa route vers Lubumbashi, il n’a eu de cesse de dire et redire, parfois avec une pointe d’agacement, que le « Lamuka » électoral c’est de l’histoire ancienne, que lui s’est engagé dans une opposition républicaine, qu’il entend bien prendre ses prérogatives de coordonnateur de la nouvelle plate-forme politique au sérieux et qu’il compte bien en faire autant avec sa présidente tournante, socle sur lequel il compte effectuer une tournée nationale. S’exprimant ainsi, Katumbi donne du « je » à qui veut l’entendre, une indication claire sur son état d’esprit, surtout lorsqu’allant plus loin, il révèle : « JE vais transformer Ensemble pour le changement en parti politique ».

Puis cette estocade que Fayulu n’a certainement pas vu venir : « Je ne suis pas la Cour constitutionnelle ». Allusion faite sans fard aux revendications postélectorales de Fayulu devenues agaçantes à ses yeux.

Dans la « gastronomie politique » qui est bien la sienne, Moïse Katumbi solde ainsi Fayulu à petit feu, mais bien loin du petit lait. Personne n’est dupe, en effet, du fait qu’au-delà du passé que représente désormais le discours post-électoral de Fayulu, « Lamuka » est comme un volcan en ébullition avec les égos surdimensionnés de ses leaders  plus que jamais agglutinés sur le poste de porte-parole de l’opposition.

Katumbi a peut-être eu son moment de gloire ce 20 mai. JP Bemba l’a vu et noté, Mbusa Nyamuisi mêmement. On verra bien si la cohésion de groupe manifestée à Bruxelles saura passer la frontière congolaise en un seul morceau…

JEK

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