Désignée récemment coordonnatrice du regroupement AFDC et Alliés, la députée nationale élue de Malemba Nkulu et présidente du groupe parlementaire du même regroupement, a pris part à la réunion du Front Commun pour le Congo (FCC) qui s’est tenue ce lundi 15 juillet à l’hôtel Rotana à Gombe. À travers cette participation, le FCC et son autorité morale Joseph Kabila Kabange viennent donc de prendre acte du changement de leadership intervenu au sein du regroupement AFDC-A après la suspension de son autorité morale, Modeste Bahati, pour une durée indéterminée.
La nouvelle coordinatrice veut imposer les valeurs cardinales au regroupement, à savoir la discipline, la fidélité et la loyauté
Depuis le 11 juillet, le regroupement politique AFDC-A a un nouveau leadership. L’honorable Nene Ilunga Nkulu, Secrétaire adjointe de l’AFDC et présidente du groupe parlementaire AFDC-A, a été désignée coordinatrice de ce regroupement. Elle est secondée par quatre coordonnateurs adjoints. À ce titre, elle a reçu mandat de représenter l’AFDC au sein du Front Commun pour le Congo (FCC). Une réponse positive et prompte à une exigence du FCC qui , en date du 9 juillet dernier, avait demandé à l’AFDC-A de lui proposer un nouveau responsable aux instances de la plate-forme après avoir suspendu , pour une durée indéterminée, le Sénateur Modeste Bahati Lukwebo .
Aussitôt désignée, la députée nationale Nene Ilunga veut redorer l’image de son regroupement au sein du FCC en imposant à tous les membres la discipline, la fidélité, la loyauté et le respect des engagements pris et envers le FCC et envers son autorité morale, le Président de la République Honoraire et Sénateur à vie, Joseph Kabila Kabange.
Un délai supplémentaire d’une semaine accordée aux détenteurs des responsabilités FCC pour se déterminer
En effet, dans un communiqué rendu public le 11 juillet dernier – le jour même de son investiture – la coordonnatrice de l’AFDC-A avait accordé trois jours – soit 72 heures – aux membres de son regroupement, détenteurs des responsabilités dans les institutions aussi bien au niveau national que provincial pour le compte du FCC, de bien vouloir clarifier leur position d’appartenance au FCC.Des sources proches de la coordination, nous apprenons que certaines des personnes concernées ont demandé qu’on leur laisse un petit temps pour des raisons évidentes. D’où ce délais d’une semaine qui vient de leur être accordé à partir de ce lundi 15 juillet.
Les observateurs objectifs de la scène politique congolaise notent qu’il s’agit-là d’un bel exemple d’éthique et de moralité politique que l’ancien leadership n’a pas su intérioriser personnellement et imposer à son regroupement. Il sied de rappeler que Monsieur Bahati a été suspendu du FCC pour une durée indéterminée suite à ses actes qui ont gravement porté atteinte aux intérêts politiques de cette plate-forme, notamment sa candidature à la présidence du Sénat en contradiction flagrante avec le choix concerté à ce poste – celui de Alexis Thambwe Mwamba.
Tout homme qui mène une guerre contre une femme est un faiblard
Dans notre culture bantoue il est toujours dit « qu’on ne mène pas une guerre contre une femme ». Pourtant, Bahati Lukwebo a fait fi de cette sagesse africaine, jusqu’à en payer le prix. En effet, le frondeur de Joseph Kabila – considéré désormais comme la « cinquième colonne », pouvait s’attendre à tout dans son affront, sauf à une bataille rude où c’est une jeune dame, la députée Nene Ilunga – deux fois élue, haut cadre de son parti et de son regroupement – qui se place en ligne de mire et qui lui fait vivre l’un des plus long cauchemars de toute sa carrière politique. Qui l’aurait cru?
Bien éduquée et issue d’une bonne famille, la présidente du groupe parlementaire AFDC-A a pourtant voulu régler ce différend à l’interne. Pendant trois jours, en effet, elle a tenté en vain de convaincre son autorité morale d’abandonner la voie de la trahison. Mais c’était sans compter avec l’ego de Bahati qui, enivré par ses ambitions personnelles de quête de pouvoir, n’était disposé à écouter personne, y compris Dieu le père.
Bahati désormais un homme seul, lâché par la quasi-totalité des Députés et Sénateurs qui se rangent derrière Nene Ilunga
Depuis le lundi 8 juillet dernier, l’heure est au comptage dans le camp de l’AFDC-A loyaliste. Chaque jour qui passe, l’on enregistre de plus en plus de Députés et Sénateurs qui expriment leur volonté à demeurer loyaux vis à vis du FCC et de son autorité morale. Par ailleurs, depuis 48 heures, plusieurs sociétaires de l’AFDC-A, qui exercent des postes de responsabilité tant au niveau national que provincial pour le compte du FCC, sont déjà déterminés par rapport à leur appartenance à cette plate-forme du Président Honoraire Joseph Kabila, répondant ainsi favorablement à l’appel de leur coordinatrice Nene Ilunga.
Dans les milieux proches de la coordination, nous apprenons que dans les tous prochains jours, la liste complète de tous les Députés et Sénateurs restés fidèles au FCC sera rendue publique pour mettre fin à « l’affaire Bahatigate ». Mais déjà, à voir le nombre actuel des Députés et Sénateurs identifiés – on est en raison de dire que Bahati ne compterait que trop peu d’élus, nombreux ayant préféré demeurer dans la majorité parlementaire de Joseph Kabila.
Menaces et intimidations de Modeste Bahati, auprès des certains élus
Depuis le début de cette saga politicienne délibérément créée par sieur Bahati, certains Députés et Sénateurs nous affirment avoir reçu de la part de ce dernier, des menaces et des intimidations par téléphone pour qu’ils puissent le rejoindre.
Nene Ilunga, un leadership jeune et féminin, longtemps étouffé et qui impose désormais, respect et soutien
A quelque chose malheur est bon, dit-t-on. Il a fallu cette maladresse de la part de l’autorité morale de l’AFDC et AFDC-A, Modeste Bahati Lukwebo, pour que l’opinion nationale découvre enfin une dame d’un caractère tout particulier. De nature calme, mais déterminée et femme de caractère – d’aucuns l’appelle déjà dame de fer – Nene Ilunga incarne aujourd’hui le modèle d’un leadership féminin dont le pays a grandement besoin, à l’instar de l’Honorable Présidente de l’Assemblée nationale, Jeanine Mabunda dont la vision a pu donner un contenu concret à la fonction qu’elle exerce.
Aujourd’hui, plus que jamais, elle a la lourde responsabilité de sauver ce patrimoine commun, le regroupement AFDC-A, pour que ce dernier ne s’écarte de son objectif, celui de la défense des intérêts politiques du FCC et de son autorité morale Joseph Kabila Kabange. Malheureusement, telle n’était plus la vision de son prédécesseur, Modeste Bahati.
Un parcours politique fascinant
L’élue de Malemba Nkulu – deux fois consécutives dans la province du Haut Lomami – avait rejoint l’AFDC en 2010 entant que co-fondatrice, jusqu’à devenir Secrétaire générale adjointe de ce parti en 2017. Médecin de formation et de pratique de l’Université de Lubumbashi – UNILU -, elle fut nommée tout d’abord commissaire spéciale de la province du Haut Lomami avant d’être élue vice-gouverneur à l’issue des élections qui ont été organisées par la CENI.
Par Guy MOMAT (Analyste politique)