EPST : CACOPHONIE CHEZ LES CATHOLIQUES POUR LA REPRISE DES ENSEIGNEMENTS

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Alors qu’officiellement, le gouvernement, la coordination des écoles catholiques et l’APEEC s’opposent à la reprise des contributions des parents pour la reprise des enseignements, des négociations se poursuivent dans les mêmes écoles entre les parents et leurs comités, au vu et au su des autorités tant nationales que provinciales et même de l’église catholique. Certaines écoles ont repris les enseignements sans que personne n’ait été sanctionné et les parents versent déjà les frais. C’est au milieu de cette confusion que le Cardinal Ambongo annonce que l’église catholique ne s’opposerait plus aux contributions des parents si elles sont proposées par ces derniers.

Dimanche dernier au cours d’une homélie, le Cardinal Fridolin Ambongo, Archevêque de Kinshasa, a annoncé que l’église catholique ne s’opposerait plus aux contributions des parents au profit des enseignants si elles sont proposées par ces parents. Il a dit avoir arrêté cette décision suite à l’échec des négociations de Bibwa entre le banc syndical des enseignants et le gouvernement, et au souci de sauver la scolarité des enfants et leur avenir. On ne sait pas encore dire s’il s’agit là d’une communication de l’archidiocèse ou d’une décision formelle de la coordination des écoles catholiques, en sachant que cette confusion s’observe dans les écoles du réseau catholique sur la reprise des enseignements. C’est la même église qui avait décidé de l’arrêt des contributions des parents qu’elle avait autorisé dans les années 80.

Jusque dimanche dernier, une confusion s’observait autour de l’acceptation ou pas de la reprise des contributions des parents pour convaincre les enseignants de reprendre les enseignements alors qu’ils sont en grève depuis la rentrée scolaire. En effet, alors que le gouvernement et le banc syndical des enseignants négociaient à Bibwa, les parents ont pris, depuis au moins trois semaines, l’initiative de proposer d’allouer une prime aux enseignants pour les convaincre de débuter les enseignements. Leur souci est de sauver l’avenir des enfants dont la grande majorité n’a plus étudié depuis le mois de mars 2020 suite au Covid-19.

Si certaines écoles ont vu aboutir le dialogue pour reprendre les enseignements depuis maintenant deux semaines, l’élan s’est vu stopper par une action conjuguée du gouvernement, de la coordination des écoles catholiques et de l’Association des parents d’élèves des écoles catholiques (APEEC). Des inspecteurs largués pour vérifier l’information sur ces deals ont fait des rapports qui ont abouti à la suspension de certains responsables d’écoles par la coordination des écoles catholiques et la révocation des comités des parents par l’APEEC.

Malgré cette mesure d’interdiction, les négociations se poursuivent dans le même sens et plusieurs écoles enseignent déjà sur base du même genre d’arrangements. La situation s’observe notamment au lycée Notre Dame de la Providence à Binza Ozone où les enseignements ont repris après un accord passé pour le paiement d’un montant de 130$. Plusieurs autres écoles catholiques de la ville vivent la même situation avec des primes nageant majoritairement entre 35.000 FC et 75.000 FC.

Cependant, un flottement s’observe dans d’autres négociations où, officiellement, les directeurs d’écoles dégagent leur responsabilité, autant que l’APEEC et même les enseignants. En effet, si, officiellement, ces trois parties à l’éducation s’y opposent, ils ne rejettent cependant pas les pourparlers entre les comités des parents et les parents qui se réunissent dans les installations de leurs écoles respectives.

Samedi dernier, des pourparlers du même genre ont eu lieu au lycée Tobongisa de Ngaliema où les parents et leur comité ne se sont pas entendus aussi bien sur le montant de la prime (entre 70$ et 100$) que sur la structure qui sera chargée de collecter les contributions des parents et assurer le paiement aux enseignants. Même situation dimanche au collège Saint Cyprien de la même commune où les discussions tournaient autour de 102.000 FC (51$).

Les parents cherchent à savoir ce qu’il adviendrait au cas où, après versement de leur argent, l’opération viendrait à être annulée par le gouvernement. Personne, à ce niveau, ne semble vouloir porter la responsabilité. Les comités des parents se proposent de mettre sur pieds des comités de gestion auxquelles prendraient part les représentants des enseignants et les responsables scolaires, mais ceux-ci refusent de s’engager après la mésaventure de certains de leurs collègues. Au même moment, cependant, ils coachent en sous mains les comités des parents à qui ils dictent les montants qu’ils attendent. D’ailleurs ces enseignants sont visibles sur les lieux des négociations même s’ils n’y prennent pas part. Même attitude pour les responsables d’écoles.

Au lycée Tobongisa samedi dernier, l’abbé coordinateur des écoles catholiques avait été aperçu entrain de tenter de convaincre les enseignants de reprendre les enseignements ce lundi. Informé des échanges entre les parents et leur comité qui se tenaient dans la cour de l’école, il n’a pipé mot, autant que pour le deal précédemment trouvé à Notre Dame qui fonctionne dans les mêmes installations.

Et hier dimanche à St Cyprien, la réunion s’est tenue en présence du Président de l’APEEC/Lukunga et son adjoint, ainsi que du sous-Proved représentant officiellement le Gouvernement provincial de Kinshasa.

JEK

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