SHADARY ET LE FCC FONT TREMBLER L’OPPOSITION

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Interprétant abusivement l’article 36 de la loi électorale sur l’usage, à des fins électorales, des biens, finances et personnels publics, l’opposition se perd dans la confusion entre le personnel politique et le personnel administratif de carrière public de l’Etat. Autant qu’elle n’apporte aucune démonstration de détournement des biens et finances de l’Etat. En réalité, l’opposition, qui a perdu la face dans sa croisade contre la machine à voter, tente de rebondir sur le FCC pour se réhabiliter dans l’opinion en usant de l’émotion afin de détourner cette opinion de ses propres ratés.

Deux sorties publiques (seulement) du Front commun pour le Congo (FCC) ont mis le feu sur la scène politique. Après avoir perdu la face dans sa croisade contre la machine à voter et les enrôlés sans empreintes digitales, les radicaux de l’opposition sont désormais en quête du salut dans le camp adverse. Il faut avouer que le coup qu’ils ont accusé ces dernières semaines a sérieusement érodé leur capital-confiance auprès de l’opinion.

En effet, en se rangeant en ordre dispersé derrière la machine à voter (sans dire aux Congolais que c’est là le fruit des pressions qu’ils ont subies de leurs propres soutiens occidentaux pour qui il n’était pas question, ni de renvoyer les élections ni de les boycotter), l’opposition a semé une sérieuse déception auprès de ses propres militants, et cela transparait dans les interventions sur les programmes de radios alternatifs et dans les réseaux sociaux. Face à une telle déconfiture, il fallait trouver une sortie honorable afin de sauver les meubles ou, du moins, ce qu’il en reste.

Le dernier meeting du FCC au stade Tata Raphaël et la publication de l’équipe de campagne du candidat Shadary semblent donc leur servir de planche de salut. La démarche, toujours aux extrêmes, voudrait que le candidat du FCC soit disqualifié au motif qu’il aurait enfreint l’article 36 de la loi électorale qui interdit l’usage, à des fins de campagne électorale, des biens, finances et personnels publics. Il faut dire que l’opposition s’est mis vent debout surtout au regard de la configuration de l’équipe de campagne, car elle n’avait pas autant réagi avec le meeting de Tata Raphaël.

 

Le personnel politique n’est pas à confondre avec le personnel de carrière des services publics de l’Etat

Sans détour, l’argument central tourne autour de toutes ces personnalités qui font partie de l’équipe de campagne du candidat Emmanuel Ramazani Shadary et que l’opposition confond à ce que la loi appel le « personnel public ». Cette catégorie est bien définie dans les lois relatives aux cadres et agents de carrière de service public de l’Etat. Ceux-ci tirent leur statut de la loi N° 16/013 du 15 juillet 2016 portant statut du personnel de carrière des services publics de l’Etat. L’article 1er de cette loi définit l’agent de carrière des services publics de l’Etat comme étant « la personne nommée à un grade de la hiérarchie administrative pour occuper un emploi permanent budgétairement  prévu dans un des services publics ».

En son point 5, l’article 5 de la loi sous examen détermine comme mode de recrutement, entre autres : « Avoir subi avec succès les épreuves d’un concours de recrutement, sauf pour le cas exceptionnel de recrutement sur titre prévu à l’article 6 alinéa 2 de la présente loi ». Et cet alinéa 2 de l’article 6 spécifie : « Toutefois, le recrutement peut se faire sur titre en faveur des candidats détenteurs d’un diplôme délivré ou reconnu équivalent par l’Enseignement national et préparant spécialement à la carrière concernée, pour autant que le nombre de candidats ne dépasse pas celui des emplois mis en compétition ».

Ce personnel de carrière n’est donc pas à confondre à ce que l’on peut appeler le personnel politique qui ne va pas dans les ministères et autres institutions à caractère politique pour y faire carrière, ceci d’autant plus qu’ils ne sont pas recruté dans les cabinets politiques comme personnel administratif de carrière. Dans cette catégorie, on retrouve ainsi le Président de la République, le Premier ministre et tous les membres du Gouvernement ainsi qu’une partie du personnel d’appoint qui servent au sein des cabinets politiques pendant le mandat du membre du gouvernement en fonction et qui s’en vont avec lui.

Toutes ces personnalités ne sont pas frappées de l’interdiction de postuler comme candidat et nombre d’entre elles le sont d’ailleurs. De ce fait, à combien plus forte raison ne seraient-ils pas libres et en droit de s’engager derrière un candidat ?! Du reste, lors d’une de ses interventions en début de semaine sur Top Congo en réaction à la question d’un auditeur, Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la Ceni, avait clairement indiqué que la qualité de membre du Gouvernement n’est pas incompatible avec l’engagement au sein de l’équipe de campagne d’un candidat.

 

L’abus des biens et finances publics se démontre avec des faits et documents ; pas avec des émotions

Les autres arguments avancés sur les biens et finances de l’Etat vont avec le « personnel public » que nous venons de démontrer et démonter. Il est, en effet, clair que les biens et finances publics ne peuvent pas se déplacer seuls pour aller se mettre au service de quelque cause que ce soit. Un fait, cependant, est qu’une telle accusation est du genre de ceux qui s’étayent avec des faits probants tels que des bons de sortie des fonds et leurs affectations.

Les finances publiques sont aujourd’hui gérées à travers une chaîne de la dépense dans laquelle interviennent bien de fonctionnaires de l’Etat (dont des syndicalistes) qui n’appartiennent pas tous à la famille politique du candidat Ramazani Shadary. Il va donc sans dire que la moindre trace d’affectation des fonds publics à des dépenses politiques privées seraient facilement mises sur la place publique, surtout à cette époque des réseaux sociaux.

 

Pourquoi Shadary fait peur

Pour toutes ces raisons, l’on peut conclure qu’agissant par émotion, les radicaux de l’opposition tentent une guerre psychologique peur ébranler un adversaire qui fait peur. Il s’agirait ainsi d’une pression psychologique dirigée plus vers l’opinion désabusée de l’opposition plutôt que les instances attitrées pour faire tomber à adversaires, telles que la Ceni ou les cours et tribunaux. Cela peut se démontrer à travers la syntaxe et le vocabulaire de l’opposition servant à émouvoir le public à travers des punch lines (mots ou phrases choc), des tournures de dérision et autres formules semant la haine puis le rejet.

Cependant, pour l’heure, l’on comprend sur l’opposition – qui est déjà en difficulté pour s’organiser – est sérieusement sonnée et, groggy dans les cordes, tente désespérément de se trouver un pied d’appui. Et un observateur n’a pas trouvé meilleure formule pour dire : « Il n’y a rien, c’est l’homme qui a peur ! »

Jonas Eugène Kota

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