SANTE/KIN : ‘’BOMBER’’, UNE NOUVELLE DROGUE A BASE DU CATALYSEUR AUTOMOBILE

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A Kinshasa, les jeunes ne manquent pas d’imagination pour s’enfoncer de plus belle dans leur perdition en matière de drogue et des boissons fortes. On les connait déjà dans les drogues courantes, en plus du traditionnel chanvre, auxquelles ils ont pris l’habitude de mélanger avec toute forme de ligueurs fortes et de l’alcool frelaté (lotoko dit agene). Si hier, ils avaient la pudeur hypocrite de se cacher pour en consommer – pour venir en faire l’étalage des effets en public -, aujourd’hui ils ne s’embarrassent plus de qu’en dira-t-on.

Les effluves du chanvre se la disputent avec les saveurs des gargotes publiques (malewa) où tout se cuisine. Des mets courants aux chiens, chats et même gros rats d’égouts. Tout se mange par ces jeunes sous l’effet de l’alcool. Et de plus en plus, ils se chargent eux-mêmes de les cuisiner avant de sombrer dans le sommeil pour se réveiller tout émoustillés et s’adonner à leur sport favoris : la casse.

D’innovation en mauvaisure, la jeunesse kinoise en est arrivée aujourd’hui à user des pièces d’automobile pour renforcer leur drogue. Depuis quelques temps, en effet, ils utilisent le catalyseur automobile pour cette fin. Sans savoir combien ils mettent leur santé en danger. Le catalyseur, ou pot catalytique, « est un élément de l’ensemble du pot d’échappement des moteurs à combustion interne qui vise à réduire la nocivité des gaz d’échappement. Les éléments catalyseurs déclenchent ou accentuent les réactions chimiques qui tendent à transformer les constituants les plus toxiques des gaz d’échappement (monoxyde de carbone, hydrocarbures imbrûlés, oxydes d’azote), en éléments moins toxiques (eau, dioxyde de carbone et diazote) ».

C’est donc ce module qui est aujourd’hui convoité comme de l’or par les jeunes drogués. Tout est parti, selon des témoignages, d’une clique de nigerians vendeurs de pièces automobiles à Kasa-Vubu. C’est ce groupe qui avait initié la pratique de fendre le catalyseur au chalumeau pour en retirer les éléments intérieurs en forme de boule. La boule est alors broyée jusqu’à devenir poussière. Celle-ci est emballée dans des petites mesures vendues entre 2.000 et 3.000 FC.

Mélangée au chanvre, cette poussière dite « Bomber » décuple littéralement les effets jusqu’à plonger le fumeur dans un état second. C’est ce qui fait que de plus en plus de jeunes se promènent pratiquement en état de somnolence. D’autres perdent toute forme de sensation et deviennent capable de pires férocités à la moindre provocation. D’autres encore deviennent plus mélancoliques que jamais et fondent en larmes pendant des heures, tandis que d’autres encore deviennent hilares.

Les effets de « bomber » conduisent également à la mort par arrêt cardiaque. Il y a quelque deux mois, sur la ruelle dite des amoureux à Kintambo magasin, un jeune homme a ainsi perdu la vie avant que son corps ne soit abandonné au coin de son avenue, Madimba, par ses camarades. La famille de l’infortuné avait pourtant réussi à ramener ce garçon à la maison après plusieurs mois de vie dans la rue.

Ce jour-là, alors que sa mère l’avait envoyé effectuer une course, il accostera auprès de ses camarades d’antan. Et la mort s’en suivit. C’est après quelques investigations qu’il s’avèrera qu’il n’avait pas supporté la forte dose du « Bomber » qui lui avait littéralement explosé les voies respiratoires.

JEK

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