KONGO CENTRAL : CE QUE LE PM ILUNGA REPROCHE A KANKONDE

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Légalement, les Vice-Premiers ministres ont le devoir d’en référer au Premier ministre pour toute action envers les membres sous leur hiérarchie. Dans l’affaire du Kongo Central, Gilbert Kankonde a zappé le Premier ministre qui lui en demande des explications dans une lettre au ton ferme.

Le Premier ministre Sylvestre Ilunga a adressé, ce jeudi 5 décembre 2019, une demande d’explication au vice-Premier ministre Gilbert Kankonde sur sa décision de réhabiliter les Gouverneurs et vice-Gouverneurs du Kongo Central. Le PM reproche à son collaborateur d’avoir agi en solitaire sans en référer au Gouvernement. Il évoque, pour cela, l’Ordonnance n° 17/024 du 10 juillet 2017 portant organisation et fonctionnement du gouvernement, modalités de collaboration entre le Président de la République et le Gouvernement ainsi qu’entre les membres du gouvernement. En son article 16, cette loi dispose : « A moins qu’il n’assume l’intérim du Premier Ministre en cas d’empêchement ou qu’il ne soit spécialement mandaté par lui, le Vice-Premier Ministre exerce en temps normal les seules attributions qui sont de son ressort. Pour toutes directives ou instructions qu’il estime devoir être communiquées à un Ministre, il s’en réfère préalablement au Premier Ministre ».

Les dispositions du second alinéa s’appliquent, mutatis mutandis, aux autres responsables sous la hiérarchie du Vice-Premier ministre concerné, dans le cas d’espèce les Gouverneurs de province. Pour l’avoir « zappé » donc, Sylvestre Ilunga signifie à Gilbert Ilunga que « Cet acte dans votre chef bafoue l’autorité du Premier ministre, nuit à l’unité et à la cohésion gouvernementale ».

Le PM est d’autant plus irrité qu’il a suivi l’information comme tous les citoyens à travers les médias. « Alors que je suivais les informations à la Télévision le 29 novembre, j’ai été surpris d’apprendre comme tous les spectateurs que vous avez levé la mesure de suspension qui frappait le gouverneur et vice-gouverneur de la province du Kongo Central », lui écrit-il encore.

Le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur avait signifié leur réhabilitation à Matubuana et Luemba par un télégramme non motivé. Selon son cabinet, il avait décidé de leur réhabilitation après notification à lui faite par l’Assemblée provinciale du Kongo Central de sa décision de rejeter le réquisitoire du Procureur général près la Cour de cassation qui sollicitait l’autorisation pour poursuivre Atou Matubuana en Justice. Flory Kabange avait indiqué que le concerné avait été identifié comme l’auteur de l’attentat à la pudeur publique à travers le montage de l’opération qui avait abouti à la sextape mettant en scène le vice-Gouverneur et l’assistante du Gouverneur ainsi que des agents de police et le Rédoc du Kongo Central.

La décision de réhabiliter les deux autorités a suscité des tensions au Kongo Central où l’on a assisté à des manifestations quelque peu violente avant la plénière tumultueuse de mercredi dernier, qui s’est terminée par la déchéance du Gouverneur Atou Matubuana dans la confusion totale. Le même jour, en effet, le VPM Gilbert Kankonde avait envoyé un télégramme à M atadi, convoquant le Gouverneur encore en fonction ainsi que le Président de l’Assemblée provinciale et son bureau.

Ce qui fait dire à d’aucuns que le patron de l’Intérieur a perdu la maîtrise de ce dossier tel que l’atteste l’absence d’une décision appropriée, notamment une action disciplinaire qui aurait pu aboutir à des sanctions appropriées. En effet, contraire à l’avis de son cabinet et d’une certaine opinion, l’article 32 de la loi portant code de conduite de l’agent public de l’Etat, l’action judiciaire n’est pas suspensive de l’action disciplinaire que le VPM Kankonde ne s’est, malheureusement pas donné la peine de mener, cela, bien entendu, en concertation avec le Gouvernement.

Jonas Eugène Kota

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