FELIX TSHISEKEDI VA A CANOSSA ET SE SUICIDE

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« Je vais les convaincre. Ils doivent être d’accord. Il n’y a rien à faire. Nous voulons le changement et le changement passe par le soutien à la candidature de Martin Fayulu. S’ils veulent la continuité de la kabilie, ils feront d’autres choix ». Ainsi s’exprimait, arrogant, Fatshi en réaction à la révolte de ses militants contre sa signature à Genève. Au soir de ses propos, ployant sous la pression de ses militants conduits par son n° 2 Kabund, il retirait sa signature, signant du même fait son suicide politique…

L’attelage de Genève s’est désagrégé sans avoir pris la route. L’accord hybride de désignation d’un candidat commun de l’opposition pour la présidentielle 2018 (mais en perspective d’une transition de deux ans) a ainsi fait long feu 24 heures seulement après sa conclusion après le retrait de deux signatures majeures. Sous la pression de leurs militants furieux contre le choix qu’ils ont porté sur Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi et Vital Kamerhe ont dû retirer leurs signatures sous des explications plutôt dramatiques.

Premiers d’entre les deux, Félix Tshisekedi s’était montré pourtant enthousiaste après avoir apposé sa signature au bas de ce document de tous ses malheurs. Alors que sa base grondait à Kinshasa, Kananga, Bukavu et ailleurs dès le lever du soleil hier lundi, il s’est voulu aussi rassurant qu’autoritaire pour annoncer dans les médias traditionnels et sur son compte tweeter que ses militants de l’Udps ne maîtrisaient rien du deal qu’il venait d’approuver et qu’il allait rentrer à Kinshasa pour le leur expliquer et les ramener dans les rangs.

« Moi je vote pour le changement, et le changement aujourd’hui c’est Martin Fayulu », coassait Fatshi au cours d’une conférence de presse à Genève. Avant cela, et toujours sur sa lancée dangereuse, il s’assurait lui-même à l’intention et à l’attention de sa base, la sienne propre de l’Udps : « Je vais les convaincre. Ils doivent être d’accord. Il n’y a rien à faire. Nous voulons le changement et le changement passe par le soutien à la candidature de Martin Fayulu ». Et d’assener, suicidaire : « S’ils veulent la continuité de la kabilie, ils feront d’autres choix ».

Or « d’autres choix », c’est sa propre personne sur laquelle l’Udps avait jeté son dévolu lors de son dernier congrès, d’abord en l’élisant comme Président du parti, ensuite en l’investissant comme candidat du parti à la présidentielle 2018. Si donc il devait y avoir continuité avec la kabilie comme il l’a affirmé, c’est qu’elle (la continuité) se ferait avec Félix Tshisekedi et, dans ce cas, dont acte !

 

Quand Fatshi est allé à Canossa

Seulement, lorsque, ployant sous la pression de ses militants, Félix Tshisekedi en arrive à retirer sa signature, l’on comprend bien que quelqu’un a trahi l’idéal et les objectifs électoraux de l’Udps. Et on n’a pas à aller plus loin lorsqu’on a écouté le mea culpa de Fatshi sous les questions de Christian Lusakweno sur Top Congo. D’une voix tremblante, ou carrément chevrotante, le Président élu et candidat investi de l’Udps bégaye, cherche ses mots, construit des phrases qu’il déconstruit ensuite sans finir une idée. L’homme est manifestement perdu, mais doit boire jusqu’au bout le calice de l’opprobre dont il se vêt lui-même. Grave, terrible !

Dans sa logique, il prétend rappeler à sa « base » que « quelque part », c’est elle (sa base) qui l’avait délégué à Genève. On comprend tout de même le manque de conviction quand, comme son père, il aligne des « justement » dans son discours. Bref, Félix Tshisekedi s’est mis triplement en porte-à-faux, d’abord par rapport à lui-même et ses choix, ensuite avec ses partenaires de l’opposition et les occidentaux qui les coachaient, et, enfin, avec sa propre base.

Et par rapport à cette dernière, Félix Tshisekedi ne trompera personne lorsque l’on sait que vendredi 9 novembre dernier, quelques heures l’ouverture de leur conclave de Genève, l’Udps avait publié une retentissante déclaration dans laquelle elle prévenait qu’elle n’accepterait aucun autre candidat commun de l’opposition que son Président national. Bref, en entrant dans la salle des réunions à Genève, Fatshi avait une feuille de route de sa base qu’il a oubliée avant de revenir vers elle.

En clair, en reniant sa signature pour céder aux pressions de sa base, Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi est lamentablement allé à Canossa pour y laisser ce qui pouvait encore lui rester de crédit confiance aussi bien auprès de cette même base que de ses adversaires politiques (du FCC comme de l’opposition) et, pire encore, de ses partenaires occidentaux. L’on comprend, dès lors, ces sarcasmes d’Adolphe Muzito et Martin Fayulu lui-même dans les médias occidentaux comme sur TV 5 monde.

Alors qu’il avait du mal à convaincre d’une étoffe d’homme d’Etat digne de hautes fonctions de l’Etat, Félix Tshisekedi a fait montre d’un grave déficit de leadership et de maîtrise de la moindre météo politique. Pire encore, lorsqu’un dirigeant cède à la pression des militants, on peut bien se demander s’il a préalablement maîtrisé leurs          aspirations pour travailler à leur satisfaction. La réponse la plus immédiate est qu’en réalité, il n’a jamais travaillé que pour ses partenaires étrangers.

Pour l’heure, en tous cas, seuls Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito tirent le meilleur parti de cette situation ubuesque. Puisque disqualifiés de la course à la présidentielle pour des raisons évidentes, ce trio n’avait plus rien à perdre ni à gagner, sinon faire la politique de la terre brûlée en espérant bloquer le processus électorale.

Et que reste-t-il alors à Martin Fayulu, maintenant que l’accord l’adoubant est partie en fumée ? Manifestement rien, sinon de prendre son avion et regagner le pays pour cuver son sort. Un peu comme une pauvre femme qui revient de la maternité sans le bébé dont elle devait accoucher. Parce que Genève a accouché d’un mort-né…

Jonas Eugène Kota

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