RDC/SÉNAT : BAHATI LUKWEBO PROGRAMME L’ÉCHEC DU FCC

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Pour la première fois depuis sa création, le Front commun pour le Congo (FCC) se voit perturbée dans sa quiétude depuis que Bahati Lukwebo a décidé de passer outre le principe de discipline auxquels sont astreints ses membres. Alors qu’au terme des consultations que l’autorité morale de la, plate-forme, Joseph Kabila, avait menées – même auprès de Bahati-, ce dernier a jeté son dévolu sur la personne de Thambwe Mwamba comme candidat FCC au perchoir du Sénat, le président de l’AFDC a décidé de placer sa candidature à lui.

Si Bahati se justifie par son souci d’éviter au FCC une éventuelle défaite de la majorité comme avec She Okitundu face à Kengo en 2006 ou avec la présidentielle de 2018, aucun analyste ne trouve la moindre valeur préventive d’une telle décision. Il est clair, indique-t-on, que cette deuxième candidature au sein d’une même famille politique ne servira qu’à émietter les voix pour donner la chance de victoire au candidat adverse. « En tous cas, on ne voit pas comment une multiplicité de candidatures peut aider à une victoire si ce n’est éparpiller les voix entre plusieurs candidats et s’en aliéner d’autres suite au désarroi des électeurs », commente un analyste. Celui-ci donne l’exemple de l’opposition (Udps) à l’Assemblée provinciale de Kinshasa où elle avait échoué à placer un seul sénateur alors qu’elle avait 12 voix qui pouvaient en produire au moins 2. Il rappelle aussi le cas de la même opposition à l’Assemblée provinciale du Nord-Kivu où elle avait échoué à arracher le gouvernorat de province suite à une multitude de candidatures qui avaient dispersé les voix, alors qu’elle en avait un nombre égal à celui de la majorité FCC.

Pour d’aucuns donc, Modeste Bahati Lukwebo est une « cinquième colonne » qui a décidé de jouer à la politique de la terre brûlée là où ni son AFDC ni le PPRD qu’il considère comme trop gourmand, n’ont obtenu la confiance de Joseph Kabila pour le perchoir de la chambre des sages. La position de Bahati est à c e point déconcertante qu’elle a semé la discorde jusque dans les rangs de l’ADFC et ses alliés. Plus grave encore, à l’Assemblée nationale c’est un groupoe des députés de son groupe parlementaire qui s’est publiquement désolidarisé de lui à travers une déclaration lue par la présidente de ce groupe parlementaire pour apporter leur soutien à Thambwe Mwamba.

 

Bahati et l’histoire de ses infidélités

Pour le reste, Modeste Bahati Lukwebo n’en est pas à son premier forfait du genre au sein de la majorité. Mu par un appât inextinguible de leadership personnel, il a pourtant vécu en permanence au sein des institutions grâce à la reconnaissance du même Joseph Kabila qu’il paie aujourd’hui en monnaie de singe, alors que l’ancien Raïs avait eu plusieurs occasions pour l’éloigner. On rappelle, en effet, qu’en 2007, lorsque la majorité demande à Vital Kamerhe de rendre son tablier de président de l’Assemblée nationale et au reste du bureau d’en faire autant, Bahati Lukwebo va traîner les pieds pour finalement être le tout dernier à déposer sa démission avant de faire dérober sa lettre presqu’immédiatement après l’avoir déposée. Une attitude qui montrait déjà sa propension à l’individualisme face à l’esprit de groupe qu’a toujours prôné Joseph Kabila.

En 2010, à l’approche des deuxièmes élections, un groupe de haut cadres de l’AMP de l’époque initient et signent la charte d’une structure dénommée Centre libéral et progressiste (CLP) qu’ils présentent comme un courant politique au sein de la majorité. Les Olivier Kamitatu, José Endundo, Mbusa Nyamuisi et autres sont rappelés à l’ordre et finissent par abandonner leur aventure. L’histoire rappelle que Bahati figurait ^parmi les « conspirateurs » avant de lâcher ses compagnons en dernière minute.

Le même Modeste Bahati est cité comme le huitième haut cadre qui devait constituer le G8, plate-forme pro-Katumbi créée par ce dernier après sa défection de la majorité en 2015, soit une fois encore à l’approche des élections. Bahati s’était de nouveau ravisé en dernière minute. Autant rappelle-t-on qu’il avait poussé très fort pour soit jeté sur lui le dévolu comme candidat à la succession de Joseph Kabila à la dernière présidentielle. Bahati est cité parmi ceux qui avaient refusé de battre campagne pour Ramazani Shadary dans le Kivu.

Bref, tous les faits finissent par dépeindre Bahati Lukwebo comme un compagnon politique incertain, sans aucune conviction ni vision, sinon celle de ses ambitions personnelles. On ne le dépeindrait pas autrement, lui qui, pour se mettre au-dessus de la mêlée, aurait pu, par exemple, positionner un de ses « poulains » de l’AFDC pour ensuite défendre sa candidature.

Aujourd’hui, et même avant cette déconvenue sur la candidature au Sénat, l’ancien ministre du plan était soupçonné d’entreprendre un rapprochement vers Félix Tshisekedi et CACH pour apport son poids politique au parlement. L’on peut se demander si Fatshi allait accepter de cheminer avec une personne indigne de confiance puisque pouvant tourner casaque à tout moment, puisque, comme on dit, qui a trahi trahira toujours.

Pour autant, le FCC se montre imperturbable et continue de renforcer sa cohésion autour de la candidature de Thambwe Mwamba qui a, d’ores et déjà, qu’il mettra sa longue expérience politique et de gestionnaire au service de la Nation à travers ses futures fonctions de Président du sénat.

Jonas Eugène KOTA

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