ARRETEE PUIS RELACHEE, TSHALA MWANA VICTIME DE L’INTOLERANCE POLITIQUE

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L’artiste musicienne Tshala Mwana, dite « Mamu Nationale », a été arrêtée ce lundi à 11 à son domicile par des agents de l’Agence nationale de renseignement (ANR) munis d’une feuille de route. Elle a été conduite aux bureaux de ce service spécialisé situés sur l’avenue 3Z à Gombe où elle a été détenue pendant plus de sept heures avant d’être relâchée vers 18h30’.

Cette arrestation est liée à sa chanson « INGRATITUDE » qui fait le buzz dans les réseaux sociaux depuis quelques jours. Selon des sources proches de l’ANR, l’artiste est accusée de propos subversifs dans sa chanson. Une certaine opinion estime que la chanson vise le Président de la République, Félix Tshisekedi, ce qui a valu à son auteure des traitements des plus dégradants dans les réseaux sociaux de la part de personnes s’affichant comme des sympathisants du chef de l’Etat. Même son statut de femme n’a pas été épargné.

Ce lundi matin, peu après son arrestation, la Commission nationale de censure à interdit toute diffusion de ladite chanson dans les médias et d’autres canaux.

Ma détention de Tshala Mwana a suscité une vague de protestations et d’indignations de la part de bon nombre de mélomanes et d’observateurs lambda. Tous ont estimé qu’il s’agit là d’une intolérance caractérisée par la restriction de la liberté d’expression d’une artiste qui n’a fait qu’user de sa créativité, surtout qu’aucun élément, dans la chanson qui, du reste, n’a cité personne, ne permet d’établir formellement une intention de cibler le chef de l’Etat.

Dans sa chanson, en effet, Tshala Mwana raconte l’histoire d’un élève qui a réussi grâce aux largesses de son  enseignant qu’il a fini par ignorer dans son ascension sociale. D’où le titre « Ingratitude ».

Au nombre des réactions, celle de l’Ongdh Acaj dont le Président national, Georges Kapiamba, a estimé, dans un tweet, que cette arrestation viole l’article 17 de la Constitution. Cet article stipule ce qui suit, entre autres : « La liberté individuelle est garantie. Elle est la règle, la détention l’exception. Nul ne peut être poursuivi, arrêté, détenu ou condamné qu’en vertu de la loi et dans les formes qu’elle prescrit. Nul ne peut être poursuivi pour une action ou une omission qui ne constitue pas une infraction au moment où elle est commise et au moment des poursuites. Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui ne constitue pas une infraction à la fois au moment où elle est commise et au moment de la condamnation ». Kapiamba a donc exigé la libération immédiate de l’infortunée.

De son côté, Jean Claude Katende, Président de l’Ongdh Asadho et membre du mouvement politique dirigé par Pascal Mukuna, a tweeté ce qui suit : « Dans le contexte actuel interpeler Tshala Mwana n’est pas une bonne chose. J’appelle l’ANR à la libérer car cette arrestation n’est ni à l’honneur du président  ni à celui de l’Etat de l’Etat ».

Pour sa part, Kikaya Bin Karubi, cadre du FCC au même titre que l’infortuné, a tweeté : « T’inquiète, Mère Tshal. Les ciseaux impitoyables de la censure feront de ta chanson un succès planétaire. Ils sauront que la liberté naquit de la parole qui fut chant dès son premier éveil. Nul ne peut te museler. Vivement 2023! ».

Dans la journée, un mouvement des femmes s’est spontanément formé et est allée manifester devant les bureaux de l’ANR pour exiger la libertion sans condition de l’artiste.

Claude M  ashala, son manager et compagnon, a fait savoir que la version de la chanson en circulation n’est qu’une maquette et que le titre n’est même pas encore mastérisé. Ce qui veut dire qu’il s’agirait d’une fuite indépendante de la volonté de son auteure.

JEK

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