Gouverneurs à Kingakati : des actions de Kabila qui donnent de la paranoïa

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C’est à donner l’impression que tout acte de portée politique de Joseph Kabila donne, si pas de la berlue à certaines sensibilités politiques, mais de la paranoïa à ceux qui n’y voient qu’effort de la part du quatrième président congolais à faire de l’ombre à son successeur, ou preuve de la direction du pays par Joseph Kabila.

Il a fallu, après ce à quoi on a habitué la fraction du peuple qui s’intéresse à la politique, que Joseph Kabila reçoive le mercredi 1er mai 2019 à Kingakati les anciens et les nouveaux gouverneurs de provinces, pour que Lamuka et de tous ceux de l’espèce des Congolais instrumentalisés par les lobbies miniers et impérialistes occidentaux cherchent à conduire les Congolais au pseudo débat du vrai dirigeant de la RDC qui serait, à les en croire, non pas Félix Tshisekedi, mais Joseph Kabila. Ceux qui alimentent pareilles lices ne prennent pas le temps de sasser le fond des messages que Joseph Kabila adresse aux siens chaque fois qu’il les réunit, mais qui, en sophistes butés et sans scrupules, jonglent à qui mieux mieux pour faire croire qu’il s’agit des réunions d’endocrinnement des animateurs des institutions issues du FCC pour les inciter à tailler de la besogne au nouveau raïs congolais. Un cas de paranoia puisque leurs conclusions ne sont pas logiquement déduites des prémisses vraies.

Qu’il s’agisse de la Radio Okapi, du Forum des As ou d’autres médias qui ont communiqué sur la récente rencontre de Kingakati, Joseph Kabila n’a rien dit permettant de supposer ou de présumer qu’il veut voler la vedette à Félix Tshisekedi ou démontrer à tous que c’est lui qui tient la manivelle du pouvoir. Le traquenard malin tendu ainsi à Félix Tshisekedi dans tous ces ragots de la basse politique, c’est que ce dernier pourrait être amené à poser certains actes anticonstitutionnels pour prouver à tous que c’est lui le Président qui a l’effectivité ou la plénitude du pouvoir suprême en RDC. La cohabitation qui est un cas de figure prévu dans la Loi mère congolaise a été déformée et mal interprêtée pour faire dire à Félix Tshisekedi à Hindhoek, au mépris des implications du régime semi-présidentiel ou semi-parlemenataire, qu’il ne peut accepter d’être un président qui règne sans gouverner. La Constitution ne définit-elle pas les attributions, compétences et prérogatives de chaque institution du pays ? Pourquoi ne pas s’y référer pour parler en public et aborder les matières de la gestion normale du pays ?

Est-ce mauvais que Joseph Kabila en sa qualité de l’autorité morale du FCC qui a grapillé la majorité écrasante de sièges dans la Chambre basse du Parlement, la majorité des assemblées provinciales du pays, dans le Sénat et qui a fait élire ses cadres dans la grande majorité des gouvernorats de provinces, réunisse les siens pour leur donner des conseils de gestion républicaine et non-conflictuelle ?

Combien de fois doit-on rappeler à ceux qui abordent cette matière que le poids actuel de Joseph Kabila est du au fait que sa plateforme a fait des exploits, à part le scrutin présidentiel qu’il a perdu,  dans toutes les élections organisées jusqu’ici ? Nier ce poids, c’est tout remettre en question, même la victoire de l’actuel chairman de la RDC. Nier cette réalité, c’est montrer qu’on veut s’engager dans une démarche séditieuse ou apocalytptique dont la RDC n’a guère besoin par le temps qui court. Il suffit de se fixer et de se ressourcer sur ce que la Constitution dit en pareil cas pour  se rendre compte d’à quel point ceux qui croient que Joseph Kabila s’active à voler la vedette à Félix Tshisekedi s’emploient à matérialiser un  agenda bien aux antipodes des réels besoins et défis actuels de la RDC et de leur opiniatrété à berner et à éconduire le peuple. Du travail abondant pour ceux qui ont la passion du Congo, les panels politiques voire les partis politiques pour un travail  de pédagogie efficiente à l’endroit de l’opinion afin que les logiques et interpétations explosives et faussées à dessein ou à germes de conflits et problèmes ne prennent pas corps à demeure dans le giron de l’opinion. Y a-t-il une honte ou est-ce un défaut de laisser s’appliquer la Constitution ? Doit-on délaisser la Constitution pour diriger le pays avec des logiques autres ou de convenance personnelle ?

Il n’est pas orthodoxe de faire croire à l’opinion que puisque le FCC a perdu le scrutin présidentiel, c’en est fini avec lui sur la scène politique congolaise ou qu’il suffit de remporter la présidentielle pour diriger la RDC avec des logiques et convenances personnelles. A Lamuka de faire preuve de plasticité politique pour accepter et bien diriger son insuccès électoral au dernier scrutin présidentiel de façon à cesser de mal interprêter les actes de portée politique de Joseph Kabila. C’est élégant de sa part  d’exploiter les vrais faits dans son déploiement sur terrain et son allégeance et sa zèle à appliquer les recommandations reçues des patrons ou seigneurs impérialistes.

A l’heure où toutes les grandes puissances occidentales ont adopté Félix Tshisekedi, Lamuka montre-t-il du zèle pour elles ou pour son leader électoral Martin Fayulu ? En se  déployant ainsi, Lamuka contribue pour rien à fragiliser l’équilibre interne à moins qu’il ne s’agisse d’une mission qu’on lui aurait donnée pour pousser Félix Tshisekedi à la docilité de niveau voulu vis-à-vis des prédateurs impérialistes notoires intéressés à la RDC. Le bénéficiaire de ces actions est, sans doute, non pas le peuple, mais les impérialistes occidentaux qui veulent que les politiques congolais s’empoignent et soeint divisés de façon que eux ne se présentent là que pour prendre le butin dont elles ont le plus besoin, à savoir les richesses de la RDC.

Samy BOSONGO

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