Changement de la Constitution : André Mbata contraint au rétropédalage en moins de 24 heures !

* Trop scientifique, il semble ne pas savoir que le contexte politique, diplomatique, sécuritaire, économique et social actuel n’est pas favorable à tout passage en force…

COMMUNIQUÉ DU 20 NEUTRALISÉ PAR LE COMMUNIQUÉ DU 21 AVRIL 2026

Lundi 20 avril 2026. Secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation, André Mbata lance ouvertement par son « COMMUNIQUÉ N°007/USN/SEC.PERM/MBMA/2026 RELATIF AUX DIFFÉRENTES PROPOSITIONS DE RÉFORME CONSTITUTIONNELLE » la campagne de collecte des propositions pour le changement de la Constitution. Sont conviés à y participer « les Partis/Regroupements politiques, les Associations, les Personnalités, les Membres de l’USN, les Confessions religieuses, les Organisations Non Gouvernementales des droits de l’homme, les Ordres professionnels, les Syndicats, les Universitaires en général et d’une façon particulière les Juristes ainsi que les autres Patriotes congolais intéressés au pays, ou dans, la Diaspora. ».
Ils sont appelés à « lui transmettre leurs propositions au plus tard le mercredi 20 mai 2026. ».
C’est vrai que la motivation tient « compte de nombreuses manifestations de soutien à l’initiative de réforme constitutionnelle organisées par nos compatriotes à Kinshasa, dans les Provinces et dans la Diaspora aussi bien en Afrique, en Amérique, en Asie, en Europe qu’en Océanie, et à la suite des mémorandums adressés à la Haute Autorité Politique de l’Union Sacrée de la Nation et de plusieurs initiatives appelant à la réforme de la Constitution du 18 février 2006 qui régit actuellement la République Démocratique du Congo », écrit-il.

Mardi 21 avril 2026. D’Afrique du Sud où il est en séjour, il publie le COMMUNIQUÉ TRÈS IMPORTANT DE CLARIFICATION N°008/USN/SEC.PERM/MBMA/2026 démentant l’initiative de la veille.
Il dit constater « avec un profond regret que certaines personnes animées de la volonté de nuire à tout prix à la plateforme présidentielle pour des motifs inavoués ne ratent pas une seule occasion pour opposer le Secrétariat Général aux organes supérieurs de l’USN tels que la Haute Autorité Politique et le Présidium qui fonctionnant suivant notre Charte ».

DEUX OBSERVATIONS

Ainsi, en moins de 24 heures, l’UNS a fait une tentative de forcing du genre « ça passe ou ça casse » et de rétractation dans le processus de changement de la Constitution.
Deux observations peuvent être faites sous forme de question.
Primo : est-ce que le premier communiqué a-t-il obtenu, au préalable, l’approbation du Présidium et de la Haute Autorité Politique en la personne de Félix Tshisekedi ? Probablement non. Autrement, dans le deuxième communiqué, André Mbata l’aurait relevé. À moins d’avoir été piégé.
Secundo : est-ce que le contexte est-il favorable pour lancer cette initiative ?
Le contexte, reconnaissons-le, ne l’est pas à la lumière du tableau ci-dessous :
1.Les Processus de Doha (Montreux) et de Washington battent de l’aile malgré l’optimisme de façade affiché ;
2.L’insécurité à l’Est avec les groupes armés et congolais soutenus ou non par des armées gouvernementales congolaises et étrangères s’accentue ;
3.L’insécurité urbaine particulièrement à Kinshasa prend des proportions inquiétantes ;
4.Les scandales financiers fortement médiatisés s’enchaînent ;
5.L’Etat ne sait plus réguler ni régulariser la paie de son personnel ;
6.Les prix du carburant menacent de s’envoler ;
7.Les embouteillages alimentent l’énervement ;
8.Les prestations des Udepesiens dans les réseaux sociaux virent à la provocation ;
9.La bataille des egos parmi les animateurs du parti présidentiel s’endurcit ;
10.Et, comme si cela ne suffisait pas, cette histoire des migrants au centre d’une communication officielle lamentable surchauffe les esprits au lieu de les calmer.
Quel est, sur ce plancher des vaches, cet acteur politique qui, avant d’entreprendre quoi que ce soit, ne regarde pas la météo politique pour s’assurer du bon moment pour espérer obtenir de bons résultats !

« DEGAGEZ LA SCÈNE POLITIQUE SI VOUS TENEZ À RESTER 100 % SCIENTIFIQUE

À dire vrai, au stade où nous en sommes, la re-visitation de la loi fondamentale est un processus inéluctable. Le régime politique et la forme de l’État n’y échapperont pas. D’où l’exhortation à toutes les forces politiques et sociales à s’y préparer.

Cependant, il ne sert à rien d’y aller par la force. Et là, Félix Tshisekedi, en sa qualité de garant de la Constitution en vigueur, se sait dans l’obligation de faire les choses calmement et correctement.
Avant, par exemple, d’autoriser le secrétariat permanent de l’Union sacrée de la nation (dixième plateforme dont son parti assume le leadership depuis 1991 avec l’Union sacrée), de lancer la campagne rétropédalée, il se doit de donner un signal fort pour la mobilisation générale. Par exemple, annoncer la convocation du Dialogue national qui, du reste, et encore d’une manière ou d’une autre, finira par se tenir.
Du 13 au 17 avril 2026, le Gouvernement et l’AFC-M23 se sont retrouvés pour leur 9ème round à Montreux, en Suisse. De plus en plus présente, l’administration Trump continue d’insister sur la tenue de ces assises.
« Qui veut aller loin ménage sa monture », dit-on.
Le problème d’André Mbata depuis qu’il flirte avec la politique, c’est de croire que les règles sont les mêmes dans les deux domaines.

Résultat : à lui seul, il cumule et accumule au cours de ses 15 dernières années des contradictions dans ses déclarations en la matière comme jamais, mais alors jamais dans l’histoire de ce pays, constitutionnaliste n’aura été aussi inconstant et inconsistant que lui ! (Quelqu’un s’y reconnaîtra !).
Logiquement, après la baffe du 21 avril 2026, il doit rendre le tablier.
Bien sûr, il ne le fera pas.

Omer Nsongo die Lema
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