COVID-19 EN RDC : HÉSITATIONS, DÉFICIT DE COM’… LOT QUOTIDIEN DE LA RIPOSTE !

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A mesure qu’augmente le nombre des cas confirmés, alors que le taux de guérisons reste loin derrière dans le palmarès africain et que la mortalité nage dans les mêmes taux préoccupants, la pandémie du covid-19 en RDC continue de gagner du terrain, mais aussi de l’insouciance et, voire même, de l’énervement dans le chef des Congolais. A près de deux mois seulement de la confirmation du premier cas documenté formellement, la maladie tend à rentrer dans les habitudes quotidiennes des Congolais qui, d’une manière générale, tendent à se comporter comme si cette maladie n’existait pas.

Malgré la contrainte annoncée avec l’obligation du port obligatoire du masque, les grands carrefours de la capitale, par exemple, témoignent d’une majorité écrasante des kinois qui se promène sans protection. Un officier de police à Kingabwa s’est confié dimanche à Top Congo Fm que la contrainte quant au port obligatoire du masque a fait tellement des problèmes avec les civiles récalcitrants qu’ils s’en est réduit à la sensibilisation.

Quand les malades s’évadent. Au Nord-Kivu comme maintenant à Matadi (dans le Kongo central), des cas confirmés internés se sont évadés. A Kinshasa, outre les plaintes d’autres cas internés, des rapatriés de l’étranger se plaignent des mauvaises conditions de leur hébergement et alimentation dans leur quarantaine.

Le personnel soignant mis en congé alors que monte en puissance le covid-19. Pendant ce temps, parmi le personnel soignant, il y en a qui continue de se plaindre du déficit de protection face au danger de la maladie. Dans certains hôpitaux, comme à celui de Kintambo, les responsables, incapables d’assurer cette protection, en sont arrivés à envoyer une partie du personnel en repos pour ne pas les exposer. Très grave que de réduire le personnel médical en cette même période annoncée par le Dr Muyembe, patron de l’équipe de riposte, comme celle où l’on atteindre des cimes d’hécatombe pouvant se caractériser par des débordements des formations médicales.

C’est en ce même moment que vient de fuiter une lettre du ministre de la Santé dans laquelle il soumet à l’OMS un tableau barémique des primes du personnel soignant dont le plus bas, l’infirmer, toucherait mensuellement 120$. Dans les conditions similaires, le personnel commis à la riposte contre Ebola percevait le même montant, mais par jour.

Même des scientifiques locaux ignorés au profit d’une potion magique attendue de l’étranger… Ce n’est pas tout. Alors qu’une commission scientifique travaille au sein de la riposte avec une bonne batterie de propositions déjà, les autorités – celles-là mêmes qui ont mobilisé ces pauvres scientifiques – ont subitement tourné leurs regards vers l’étranger d’où elles espèrent la potion magique du « Covid-Organics » ; une œuvre d’un chercheur congolais invité au pays mais qui ne cesse de ne pas venir.

Last but not least, jusqu’à saigner ses propres finances, le Gouvernement a pris une série de mesures économiques en faveur des opérateurs économiques pour atténuer les effets de la pandémie sur le vécu quotidien. En français facile, il se serait agi d’assurer l’approvisionnement des marchés en denrées de première nécessité afin d’en maîtriser les prix pour les maintenir accessible au consommateur le plus démuni. Cependant, ce qui se vit sur les marchés est bien largement le contraire : les prix ne cessent de grimper autant que, depuis quelques temps, le roi dollar face au Franc congolais.

La riposte partirait-elle en vrille ? Bref, à mesure que l’on évolue avec la maladie et sa riposte, l’on a l’impression d’une certaine stagnation de celle-ci, si pas un certain recul par rapport à ce que l’on attendait. On a une inquiétante impression que la riposte s’est mise à la traîne de l’opinion à laquelle elle donne systématiquement ce qu’elle réclame sans lui imposer ce qu’il lui faut pour son propre salut. Hier par exemple, la riposte considérait, arguments scientifiques à l’appui, les masques autres que ceux médicaux comme inappropriés alors qu’aujourd’hui c’est tout le monde qui les recommande jusqu’à rendre obligatoire leur usage. La riposte technique a formulé un certain nombre de mesures de renforcement de l’action, les instances décisionnelles ne lui ont donné, à ce jour, que le port obligatoire des masques.

L’on assiste ainsi à une valse d’hésitations qui laissent croire qu’en fait le gros de la machine serait hors de contrôle et que, donc, les Congolais seraient livrés à eux-mêmes. Présent pourtant dans les médias, la riposte (à tous les points) est devenue à ce point inaudible qu’à ce jour, si le sujet demeure dans l’actualité, c’est le fait propre des médias. En effet, rien, à part les statistiques quotidiennes d’évolution de la pandémie, n’est fourni comme information si ce ne sont les réponses des uns et des autres aux questions des Congolais relayés par les médias.

Même alors, on peut bien se demander, par exemple, comment un éminent membre de la riposte peut justifier les dernières poussées les plus élevées de la pandémie par des cas identifiés en milieu carcéral. Dans une ville comme Kinshasa où se recrute déjà des sceptiques, des insouciants et où se banalise déjà la pandémie, dire cela ne peut qu’alimenter la position de tous ceux-ci pour se convaincre de plus belle que la maladie ne serait plus parmi nous.

Pendant ce temps, atteindre un correspondant aux numéros du call center est un véritable parcours du combattant. Des cas préoccupants ont déjà été perdus parce qu’on leur a dit au départ de rester à la maison et d’appeler l’équipe de riposte qu viendra vers eux. Aujourd’hui, il leur est désormais recommandé de se rendre directement vers la formation de prise en charge la plus proche. Toujours la valse-hésitation…

Jonas Eugène Kota

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