Une délégation du Conseil d’administration du Fonds de Promotion de l’Industrie, conduite par l’Administrateur Kinuani Massamba, a séjourné à Mbuji-Mayi, dans la province du Kasaï Oriental, du 24 au 28 novembre 2025 pour évaluer l’état d’avancement de plusieurs projets financés dans le cadre du programme présidentiel de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales.
Cette mission visait à dresser un état des lieux précis des projets, identifier les difficultés rencontrées par les promoteurs, apprécier l’impact réel des investissements et vérifier l’état physique des biens immobiliers acquis en dation de paiement.
Dès son arrivée, la délégation s’est rendue à la centrale photovoltaïque de Tshipuka, située à une vingtaine de kilomètres de Mbuji-Mayi. Ce projet devait produire 10 mégawatts le jour et 5 mégawatts la nuit pour alimenter la population locale. Mais sur le terrain, le constat est alarmant, le chantier est totalement à l’arrêt. Les équipements sont abandonnés, immobilisés sur le site, tandis que certains matériels seraient bloqués dans les ports de Matadi et de Dar-es-Salaam. L’unique représentant rencontré a évoqué la résiliation du contrat avec l’entreprise exécutante.
La délégation a ensuite visité l’Hôpital Général Saint Jean-Baptiste. Les travaux de réhabilitation y avancent très lentement. Même situation à l’unité de transfusion sanguine, où le chantier est à l’arrêt. Face à ces retards, l’Administrateur a dénoncé l’absence de résultats malgré les financements mobilisés et a appelé les partenaires à plus de responsabilité.
En revanche, l’Hôpital de la Muya, financé dans le même programme, est déjà opérationnel. Un exemple positif qui démontre qu’avec une bonne gouvernance et un pilotage rigoureux, les résultats sont bel et bien possibles.
Du côté des infrastructures scolaires, certaines écoles ne sont pas encore pleinement fonctionnelles. À l’École du 4 Janvier, déjà occupée par plusieurs établissements, des travaux de finition restent à achever, notamment le forage, la canalisation, l’évacuation des eaux de pluie et la peinture.
À l’École Kalenda Mudishi, où le Président de la République a effectué une partie de sa scolarité, le projet de modernisation est à l’étape de finissage. L’établissement, qui devait passer de 21 à 45 salles de classe, avec des salles polyvalentes et des ateliers techniques, sera livré, selon l’ingénieur responsable, au mois de mars prochain.
La mission s’est également rendue à Daipn Lukelenge, où le manque de gestion et les longues périodes d’inactivité ont conduit le FPI à envisager la clôture du dossier, avec notification au gestionnaire concerné.
Autre point de la mission, la visite des immeubles récupérés par le FPI en dation de paiement dans le cadre du recouvrement de créances, notamment les immeubles Mukuna Kalenda et Mundos, actuellement mis en location pour assurer leur entretien.
Les anciens bureaux du FPI à Mbuji-Mayi, également acquis en dation, ont été démolis pour permettre la modernisation de l’aéroport. L’urgence reste désormais la relocalisation rapide des services avant février 2026.
Enfin, l’Administrateur a évalué le projet hôtelier Merveille, un investissement moderne financé par le FPI dans la capitale provinciale, symbole de l’engagement de l’institution dans des projets structurants à fort impact économique.
Au terme de cette mission, l’Administrateur Kinuani Massamba a exprimé son vif mécontentement face au faible niveau d’avancement de plusieurs chantiers. Il a déploré l’absence de résultats tangibles malgré les ressources engagées et rappelé aux bénéficiaires et partenaires techniques leur obligation de respecter les délais, les normes et les engagements.
Des mesures fermes ont été recommandées pour accélérer l’exécution des projets viables, corriger les dérives observées et sanctionner les chantiers abandonnés.
Cette mission de terrain marque une étape clé dans le réajustement des interventions du FPI et dans le renforcement de l’impact socio-économique de ses investissements au Kasaï Oriental.
