SANCTIONS DE L’UE : SHADARY VICTIME COMME KENYATA

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Autant qu’ils avaient cherché à « abattre » le Président kényan avec l’affaire de ses poursuites à la CPI, l’Occident accentue ses pressions sur Ramazani Shadary avec des sanctions tendant à l’affaiblir dans l’électorat congolais face à ses adversaires électoraux. Mais, comme Kenyata au Kenya, Shadary et les Congolais ont appris à ne pas compter avec ce genre de pressions avilissantes.

Les africains se souviennent encore de toutes les pressions occidentales qui furent exercées sur le président kényan Uhuru Kenyata à la faveur des élections qui devaient se tenir au Kenya. Dans le but de le faire fléchir ou de le « descendre » dans l’opinion kényane, même les pays non signataires du statut de Rome instituant la Cour pénale internationale (CPI) s’impliquèrent, autant que leurs médias d’Etat, pour cette bataille de mise à mort d’un chef de l’Etat (candidat à sa propre succession), tout simplement parce qu’ils n’en voulaient pas, et cela sans même demander l’avis des kényans eux-mêmes.

Courageux et ayant la conscience tranquille, Uhuru Kenyata alla répondre à la convocation de la CPI à la Haye d’où il repartira en homme libre pour attendre la suite du dossier. En attendant, la tension continua de monter au Kenya à la faveur de l’encouragement que certaines factions politiques locales semblaient tirer des prises de position occidentales. Jusqu’à ce que le pire se produisit de nouveau avec les pertes en vies humaines, tandis que le processus électoral atteignait son paroxysme.

Ce qui se passe en RDC avec les sanctions renouvelées de l’Union européenne contre certaines autorités proches du Président  Kabila s’apparente bien à cette triste réalité kényane. En pleine campagne électorale, en effet, l’Union européenne renouvelle ses sanctions avec une insistance particulière sur la personne de Ramazani Shadary, dauphin de Joseph Kabila.

Pour y parvenir, des huiles de l’Onu, à partir de la Monusco, bidouillent de soi-disant fuites sur des enquêtes en cours au sujet de l’assassinat des deux enquêteurs onusiens au Kasaï Central. Fait marquant, une journaliste comme Sonia Roley se trouve au centre de ces « fuites », elle qui est pourtant l’une des enquêtrices au service de la mission onusienne pour les besoins de la cause. Après la publication de ses « notes d’enquêtes », une annonce est faite sur des sanctions renouvelées contre Shadary particulièrement. Même la date de publication de la décision est livrée dans la presse, ce qui va se confirmer.

A Kinshasa, personne n’est dupe de cette manœuvre qui prenait prétexte sur des « fuites » d’une enquête dont les éléments divulgués tendaient à mettre directement en cause la personne d’Emmanuel Ramazani Shadary dans l’assassinat des deux enquêteurs. Tout converge, en effet, sur des agents des services de renseignement et autres policiers et militaires dans une période où Shadary était déjà patron de l’Intérieur et sécurité. Personne ne se rappelle, cependant, que lorsqu’il prend ses fonctions, l’espace kasaïen est déjà déclaré zone opérationnelle et donc passé sous contrôle du ministère de la Défense.

Mais l’Union européenne n’a cure de ces détails, elle qui a déjà ficelé son plan de mise à mort. Un plan qui n’a de valeur qu’autour de la sublimation d’une candidature coachée de l’étranger et que tout le monde connaît.

Qu’à cela ne tienne, Kinshasa, qui avait subodoré ce nouveau coup fourré, reste droit dans ses bottes. Plus encore, She Okitundu, patron de la diplomatie congolais, prévient que le Gouvernement envisage de prendre des mesures de rétorsions. Il y a longtemps, en effet, que la RDC, sous la férule de Joseph Kabila, a décidé de mettre fin à cette forme de néocolonialisme et le Chef de l’Etat l’a rappelé tout dernièrement lors de ses entretiens avec les médias occidentaux.

Pendant au moins deux années, lors des embellies économiques des années 2013, la RDC avait bien vécu hors de tout programme avec les institutions de Bretton Woods, preuve qu’elle a les capacités de se passer du diktat des occidentaux pour se trouver d’autres partenaires comme ce fut le cas avec l’allié chinois en 2006-2008.

Ce qui est arrivé à Uhuru Kenyata et maintenant à Ramazani Shadary, sans conteste bien parti pour succéder à Kabila doit faire réfléchir les Africains. Ces cas ne doivent pas occulter non plus ces appels des occidentaux à leur compatriotes vivant en RDC pour qu’ils quittent ce pays par le premier vol régulier pour prévenir les conséquences de ce qui pourrait arriver après la proclamation des élections. Preuve qu’ils trament certainement autre chose.

Le continent africain est vaste, et ce concept renferme non pas seulement l’étendue géographique, mais aussi les opportunités de prospérité aussi bien en termes de marché/débouché et de potentialités. L’Afrique peut bien consolider l’harmonie intérieur, s’organiser et tourner le dos à toutes ces relations occidentales avilissantes et colonisatrices des temps nouveaux. Au moins, en RDC, les Congolais souverainistes l‘ont compris depuis longtemps et ont appris à ne pas compter avec les Occidentaux s’il faut se forger un avenir.

Déjà, le Kenya nous a administré une belle leçon de paix et de concorde nationale avec la réconciliation entre Uhuru Kenyata et son opposant le plus farouche. Les Congolais, eux, en ont pris l’habitude depuis plusieurs années autour de la bonne palabre africaine pour conjurer le mal.

Yvon RAMAZANI

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