Redynamisation des relations entre la RDC et la Belgique : les alibis populistes brandis

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Les alibis populistes sont brandis pour justifier une mission conjointe des affaires étrangères et de la défense belges à Kinshasa pour redynamiser les relations bilatérales. La mission est atendue officiellement à Kinshasa du 12 au 15 mai et la délégation belge examinera comment la Belgique pourrait contribuer ou accompagner la RDC vers les changements auxquels aspire la population congolaise.

La venue de la délégation belge, conséquence directe de la rencontre entre Didier Reynders et Félix Tshisekedi le 3 avril dernier à Washington consacre la volonté de l’ex-métrople congolaise à tirer son épingle du jeu congolais. Si la Belgique dit tout haut ce qu’elle vise au fond, pas un Congolais n’accepterait que cette délégation belge entre dans les murs congolais. D’où l’option levée de la ruse qui consiste à déclarer venir pour les changements souhaités par la population congolaise. Et de quelle population s’agit-il ici ? De la fraction ignorante du peuple congolais qui ignore tout de la colonisation belge et de toutes les misères que la Belgique matérialise et complote contre le pays de Lumumba depuis son indépendance en 1960 ? Des sources affirment qu’ « Après un processus accéléré de décolonisation du Congo belge, la Belgique a continué à contrôler, à travers la Société générale de Belgique, approximativement 70% de l’économie congolaise. La partie du pays qui a connu le plus de contestation fut la province de Katanga où l’Union minière du Haut Katanga, appartenant à cette société, avait le contrôle sur cette province riche en minéraux et ressources…». Y va-t-il des Congolais ressourcés sur la politique néocolonialiste de le Belgique envers la RDC qui savent que si celle-ci vient en RDC, c’est pour s’assurer de ses intérêts maintenant que le régime Kabila pour la chute duquel la Belgique a largement contribué, encadrant les opposants et menant des démarches pour divers mécanismes de fragilisation de régime Kabila à l’Union européenne, aux Nations unies tout comme aux USA, n’est plus au pouvoir ?

En effet, dans son article du 19 novembre 2018 au titre de « Congo : la Belgique est aux abonnés absents », Colette Braeckman expose un certain nombre de faits de la sorcellerie belge envers la RDC pour le compte des hommes d’affaires et officiels belges au nombre desquels respectivement George Forrest et Renier Nyskens, Alexander De Croo, etc.

Et de quoi les hommes d’affaires et offciles belges reprochaient le régime Kabila ? Colette écrit dans l’article précité : «…Reste à savoir qui a influencé ainsi un homme froid et rationnel comme Didier Reynders. Le nom de son « directeur Afrique » Renier Nyskens, qui fut ambassadeur à Kinshasa et entretint des relations difficiles avec Kabila père, est fréquemment cité, et on le connaît comme un homme sûr de ses convictions, volontiers intransigeant sinon hautain. Revient également, aussi familier que le monstre du Loch Ness, le nom de George Forrest : proche des libéraux, et en particulier de la famille Michel, en bons termes avec l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, l’homme a le bras long, la rancune tenace. Il s’estime lésé par le régime qui l’a dépossédé de la STL, la Société du terril de Lubumbashi où il retraitait des déchets contenant du cuivre, des déchets, mais aussi du germanium, de l’or et autres métaux rares. Un litige financier, portant sur de lourdes créances impayées, l’oppose désormais à l’Etat congolais. Peut-on croire qu’un homme d’affaires, important certes, mais pas le seul sur le terrain, puisse ainsi influencer la politique d’un gouvernement via des ministres libéraux ? D’aucuns expliquent aussi l’intransigeance de Reynders par des calculs politiques : on connaît ses bonnes relations avec la NVA et son patron Bart de Wever bourgmestre d’Anvers, qui soutiendraient une ligne dure à l’égard de Kinshasa. Par ailleurs, le ministre de la Coopération, Alexander De Croo (Open VLD) est aussi le fils de son père Herman, qui fut jadis l’avocat de Mobutu et l’un des patrons d’Utex Africa et demeure un ami personnel de Moïse Katumbi. »

Dans la littérature abordant les raisons du rejet de Joseph Kabila par Didier Reynders, l’on découvre que « Didier Reynders est, à la demande des familles Lippens, Forrest, Vastapan et Damseaux, allé demander au président Kabila de faire retirer la loi agricole qui prévoit que plus que 50% des actions des sociétés agricoles doivent être dans des mains de nationaux congolais.», ainsi que le dévoile Tony Busselen, le spécialiste belge de la région des Grands Lacs. Joseph Kabila a été haï puisqu’il n’avait pas accédé à cette demande !

Didier Reynders a  échangé avec Félix Tshisekedi en début avril 2019 à Washington et la délégation belge arrive pour des relations bilatérales présentées comme celle des changements que veut le peuple congolais alors qu’en réalité, c’est plus pour la partie belge. Que fera Félix Tshisekedi quand ces officiels et hommes d’affaires lui demanderont ce qu’ils attendent, au fond, de lui comme ils l’avaient fait à l’égard de Joseph Kabila ? Félix Tshisekedi a une double corde au coud, celle de la base de l’UDPS et du peuple qui lui chante et lui rappelle constamment : « Félix, rappelle-toi, papa a dit : le peuple d’abord ! » et celle des Belges et autres occidentaux qui lui demanderont de leur rassurer leurs intérêts, demande qui exige de sacrifier le peuple et de le releguer au second plan. Si, voulant satisfaire le peuple, ces Belges-là ne vont-ils pas encore soutenir « une ligne dure » envers Fatshi ? Qui vivra verra !

Samy BOSONGO

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