ET SI KABILA ÉTAIT PARTI LE 19 DECEMBRE ?

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Après avoir longtemps crié à l’alternance jusqu’à proposer des formules loufoques du genre « régime spécial » après le départ tout aussi vivement réclamé du chef de l’Etat en fonction après le 19 décembre 2016, le Rassemblement se montre aujourd’hui incapable, aussi bien de proposer un Premier ministre que d’avancer le moindre programme de Gouvernement, même pour une période intérimaire. Terrible réalité qui montre l’incapacité de cette opposition à se poser en véritable alternative pour assurer cette fameuse alternance à laquelle elle crie jour et nuit avec l’appui de lobbies politico affairistes occidentaux. Aujourd’hui, en effet, 23 jours viennent de s’écouler depuis le 19 décembre, et les bonnes consciences se refusent d’imaginer un seul instant ce qui serait advenu à la RDC si Kabila était effectivement parti à cette date…

19 décembre 2016 – 11 janvier 2017, vingt-trois (23) jours viennent de s’écouler depuis que, selon un certain discours, le second et dernier mandat du Président de la République en fonction était arrivé à son terme. Selon les radicaux de l’opposition, appuyés par des lobbies politico-affairistes, des médias et des gouvernements occidentaux, cette date marquait le départ du pouvoir de Joseph Kabila et, en l’absence d’élections qui auraient permis d’élire un nouveau Président, la période intérimaire, qui devait s’instaurer, devait être gérée par un « régime spécial » dont les inspirateurs n’ont, jusqu’à ce jour, donné ni le profil, ni le mode de sa désignation en conformité avec la Constitution que tout le monde prétendait défendre.

Des négociations directes avaient été engagées quelques jours avant cette date voulue fatidique pour éviter au pays de sombrer dans un chaos préparé minutieusement dans des officines occidentales avec la complicité de certains acteurs politiques congolais. Malgré cela, les radicaux de l’opposition, réunis au sein du Rassemblement des forces politiques et sociales dites acquises au changement, avaient, par la voie de son Président, Etienne Tshisekedi, appelé à des manifestations visant à « redonner le pouvoir au peuple ». Des manifestations dont on connaît aujourd’hui le bilan macabre…

Qu’à cela ne tienne, le fil du dialogue sous la médiation de la Conférence Episcopale Nationale du Congo - qui en avait reçu mandat du Président de la République en sa qualité de Garant de la Nation – n’avait pas été rompu. Un accord a été conclu au forceps et signé en date du 31 décembre 2016, ouvrant ainsi la voie à l’organisation et au fonctionnement de la période préélectorale consacrée prioritairement à l’organisation des élections. Cela passait, et passe encore, par la conclusion d’arrangements particuliers devant permettre la mise en œuvre de cet accord qui est un addendum à celui du 18 octobre signé à la Cité de l’Union Africaine. En fait d’arrangements particuliers, il s’agit essentiellement de remplir les cases, c’est-à-dire désigner les animateurs qui doivent conduire la période intérimaire. Plus précisément, l’on attend la désignation d’un Premier ministre qui doit former son Gouvernement, mais aussi la constitution du Comité d’accompagnement de la période intérimaire.

Si, pour la seconde structure, l’exercice incombe à l’ensemble de la classe politique et sociale engagée aux négociations politiques, la tâche pour ce qui est du Gouvernement incombe presqu’exclusivement à l’opposition nommément citée dans l’accord du 31 décembre pour donner le Premier ministre qui sera chargé de former le Gouvernement suivant le format à arrêter de commun accord par toutes les forces politiques et sociales impliquées dans cet exercice.

 

L’opposition incapable de donner un Premier ministre en un temps record

A ce jour, cependant, la frange de l’opposition, le Rassemblement, à qui incombe cette tâche se distingue par des tergiversations qui suscitent de sérieuses interrogations sur son aptitude à se poser en véritable alternative d’Etat pour assurer cette fameuse alternance pour laquelle elle a tant fait couler le sang des Congolais. Les observateurs sont, en effet, ahuris de constater que, dans le fond, les radicaux de l’opposition ne se sont jamais préparé à l’éventualité d’accéder au pouvoir et de l’exercer en toute responsabilité.

En pareille situation, en effet, l’on s’attendait à ce que le Rassemblement présente immédiatement une petite panoplie de candidats dans laquelle le Chef de l’Etat exercerait son pouvoir discrétionnaire pour nommer finalement le Premier ministre. On est bien loin de ça, d’autant plus que, contrairement à la pratique qui veut que le Chef de l’Etat opère un choix sur une panoplie de propositions comme il l’avait rappelé aux Evêques catholiques, l’opposition s’évertue, sans trop de succès jusque-là, à ne désigner qu’une seule personne avec comme risque de déboucher sur une nouvelle crise qui, à coup sûr, verra le Président accusé de bloquer la machine alors que tout le monde était prévenu d’avance.

On reviendra plus tard sur ce malaise morale qui tenaille les bonnes consciences en voyant comment le pays est en train de passer aux mains d’une seule famille biologique qui va endosser de hautes responsabilités d’Etat, faisant ainsi de la RDC, si pas une dynastie, du moins donnant un visage à ce népotisme que l’on a tant décrié.

Mais, en attendant, la question la plus importante à poser aujourd’hui serait la suivante : Et si Kabila était effectivement parti du pouvoir au soir du 19 décembre, que serait-il advenu à la RDC avec le vide institutionnel qui allait s’instaurer et qui aurait déjà duré 23 jours en ce mercredi 11 janvier 2017 ? Dans ce pays dont on connaît la faiblesse de l’administration qui, d’ailleurs, se trouve en pleine réforme, dans ce pays qui fait l’objet de tant de convoitises, comment la chose publique allait-elle être gérée?

Tous les regards, pour répondre à cette question existentielle, sont tournés vers le Rassemblement ainsi que ses alliés et affidés de tous bords, tapis à l’intérieur du pays comme – et surtout – en Occident. Non sans raison, puisque, en toute logique, le Rassemblement, qui crie très fort à l’alternance, était censée se poser en véritable alternative pour prévenir principalement ce genre de situation. Ce regroupement politique, qui devait se déployer en un temps record comme force d’Etat, s’avère aujourd’hui n’avoir été, soit qu’une officine syndicale sans ambitions de pouvoir, soit, et c’est la plus grande probabilité, qu’un cheval de Troie dont le rôle était de créer les conditions d’un chaos propice à la perpétration du coup de force évité de justesse par la clairvoyance de Joseph Kabila qui a placé le salut de la RDC dans le dialogue entre les fils et filles du pays.

 

Le Rassemblement loin d’être le « shadow cabinet »

L’on avait espéré que le Rassemblement, qui est pourtant une inspiration occidentale, se constitue dans le style du « shadow cabinet », ou gouvernement fantôme, en Grande Bretagne. Bien entendu, le « shadow cabinet » est une structure de l’opposition officielle chargée de suivre les actions du Gouvernement dont elle fait partie pour faire des contre-propositions chaque fois que de besoin.

Mais, que ce soit le contexte actuel en RDC ou en temps normal, l’opposition était censée être organisée pour accéder au pouvoir et le gérer à tout moment, cela aussi bien en termes de personnel politique à engager dans l’appareil institutionnel de l’Etat que de programme de Gouvernement, même minimum comme en pareille situation. Malheureusement, l’opposition a, pendant longtemps, été présentée abusivement comme une force d’alternance, mais elle vient, elle-même, d’en faire une démonstration du contraire.

 

Rattrapée par l’histoire…

Et cela dure depuis maintenant plus de dix ans, car, en effet, cette même opposition est incapable de se désigner un porte-parole conformément à la loi ad hoc promulguée par le Chef de l’Etat depuis 2007, alors qu’en Grande Bretagne, pour rester sur cet exemple, l’opposition dispose d’un chef appelé « Leader of the opposition ». Pire encore, cette même opposition, du moins son fer de lance qu’est l’UDPS, a boycotté l’Assemblée Nationale depuis 2011 pour avoir ordonné à ses Députés élus de ne pas y siéger sous prétexte que les élections étaient bâclées. Ceux qui n’ont pas obéi à cet ordre sont, à ce jour, considérés comme s’étant exclu du parti.

Aujourd’hui, comble de l’ironie, c’est auprès de cette même Assemblée que le Gouvernement dirigé par cette même opposition va aller solliciter son investiture…

On n’exagèrerait donc pas en affirmant que, par la force des accords et arrangements politiques, le pays est en train de passer à des mains inexpertes qui rendent incertaine son avenir, même le plus immédiat. Une situation qui montre à quel point cette opposition n’aura été qu’un enfumoir qui a longtemps abusé de la naïveté ou même de la confiance du peuple par un discours populiste, démagogique, pompeux et sablonneux.

Pascal Debré Mpoko

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