LE REFERENDUM, SEULE VOIE RESTANTE POUR DES ELECTIONS APAISEES

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Compromis politique ou Accord politique ? Le document signé tard dans la soirée de samedi 31 décembre 2016 au Centre Interdiocésain pose plus de problème qu’il n’en résout, déjà à partir de sa propre nature intrinsèque. Certaines parties ont refusé de la signé, considérant qu’il n’a résolu aucun problème d’Etat, tandis que d’autres l’ont signé sous réserve pour cause de sa non inclusivité. Pendant ce temps, les 12 mois impartis pour organiser les élections ne peuvent se décompter qu’après les arrangements particuliers qui doivent déclencher la mise en œuvre de l’accord/compromis. Bref, autant de brouillards qui ne laissent qu’une issue : que le peuple souverain s’exprime à travers un référendum.

A peine signé, le compromis politique du Centre Interdiocésain pose problème. Et des problèmes de fond qui dévoile un fait majeur : ce compromis semble avoir fait la part belle aux individus en laissant de côté les problèmes essentiels qui devaient être résolus. En sorte que, dans sa forme comme dans son fond, on n’y lit que des principes sur ces questions essentielles dont la solution est renvoyée à des arrangements particuliers dont le calibrage, en termes de délais, est également laissé aux discussions qui doivent venir. Ce sont ces arrangements particuliers qui doivent déclencher la mise en œuvre de ce compromis politique. Bref, le nouveau départ tant attendu continue à se faire attendre.

 

Déjà, dans sa forme qui laisse les questions essentielles entières, une profonde divergence – quoiqu’encore latente – se dégage sur l’entendement de ce document quant à sa nature. En effet, pour les radicaux de l’opposition, il s’agit d’un accord inclusif qui met fin aux conflits politiques, oubliant ainsi l’accord politique issu du dialogue de la Cité de l’Union Africaine. Pour les signataires de celui-ci, le compromis de la Cenco est un addendum et non un document à part entière.

 

Quoiqu’il en soit, certaines composantes ont refusé de signer ce compromis, tandis que d’autres l’ont signé sous réserve. Dans le groupe de ceux qui ont refusé de signé, on retrouve le MLC et les autres partis membres de la plate-forme Front pour le respect de la Constitution. Ce camp estime que ce compromis a résolu les problèmes des individus et non ceux de la RDC. Très amère, en effet, Eve Bazaïba, Secrétaire Générale du MLC qui conduit le Front, a même accusé le « Rassemblement » d’avoir trahi les Congolais au profit de ses propres intérêts. Cette plate-forme accuse Tshisekedi et les siens de vouloir accéder au pouvoir pour avoir les moyens d’aller aux élections. De même reproche-t-elle au Rassemblement de vouloir tout prendre, et le Primature et la direction du comité d’accompagnement de la mise en œuvre de l’accord.

 

Quant à l’opposition signataire de l’Accord de la cité de l’UA et qui refuse de signer le compromis de la Cenco, elle reproche à ce document de viser uniquement à répondre aux problèmes de deux ou trois individus en lieu et place d’une solution globale à la crise. Jean-Lucien Busa, porte-parole de l’Opposition signataire de l’Accord du 18 octobre 2016, entouré d’une dizaine de délégués de l’Opposition politique au dialogue, a, en effet, déclaré à la presse, avant même la signature, que « l’Accord en gestation au Centre Interdiocésain sous l’égide de la Cenco est plus focalisé sur deux ou trois individus. C’est le retour à l’accord de Venise et Ibiza ».

 

Et de poursuivre : « S’agissant du processus électoral, il y a lieu de rappeler que l’Opposition politique avait négocié la tenue des élections en décembre 2017. Notre position a évolué au regard de la donne technique expliquée par les experts de la Ceni et de la Communauté internationale. Là où le compromis de la Cenco reste vague, mais a le mérite de réduire les délais, l’Accord du 18 octobre 2016 a l’avantage de présenter un chronogramme précis ». Busa a, enfin, accusé le Président de la Cenco d’avoir choisi son camp et annoncé, avant même la signature du compromis alors en négociation, que la Primature irait au Rassemblement.

 

Enfin, la Majorité Présidentielle, qui a signé le compromis de la Cenco sous réserve, explique qu’il faut encore du travail pour une inclusivité totale. « Nous avons signé sous réserve à cause de l’absence de l’inclusivité », a, en effet, déclaré Lambert Mende avant d’ajouter : « On a fait le reproche à la réunion de la Cité de l’Union africaine non inclusive à cause de l’absence du Rassemblement. Maintenant, il y a l’absence aussi bien du Front pour le respect de la constitution que d’une partie de l’opposition qui était à la Cité de l’Union africaine. C’est le même problème d’inclusivité. Nous voulons absolument qu’on tienne compte de cela parce que les mêmes causes pourront produire les mêmes effets. »

 

A ces réserves et refus s’ajoutent d’autres aspects techniques liés au délai de la période devant conduire à la tenue des élections, soit 12 mois en tout, celles-ci étant projetées pour fin 2017. Une durée fixée sans tenir compte des avis techniques de la CENI dont la Président avait répété, pendant les travaux du Centre Interdiocésain, que ce délai était irréaliste si l’on veut organiser des élections réellement apaisées et transparentes.

 

Dans tous les cas, le décompte de ce délai est lié à la mise en œuvre effective de l’accord de l’UA complété par le compromis de la CENCO. Or, cette mise en œuvre est, elle, tributaire des arrangements particuliers qui doivent encore être conclus, mais quand ?

 

Reste aussi le rôle même du comité d’accompagnement de la mise en œuvre de l’accord qui pose aussi problème. Les uns le considère comme un comité des sages qui tirera la sonnette d’alarme chaque fois qu’il le faudra, tandis que d’autres la prennent pour une superstructure au-dessus aussi bien du Gouvernement qe du Parlement et de la CENI, voir même du chef de l’Etat qui est confiné au simple rôle de figurant, sans aucun pouvoir.

 

Bref, il apparaît qu’au Centre Interdiocésain, aucune solution palpable n’a été trouvée. Au contraire, les négociateurs sont repartis avec plus de problèmes qu’ils n’en avaient à leur entrée, tandis que le document qui en ressort ploie sous un lourd poids d’hypothèques diverses. Et si l’on sait combien d’efforts il faudra encore pour aplanir ces divergences, on comprend que l’on risque de repartir à la case-départ.

 

En sorte que, finalement, il revient directement au peuple de s’exprimer pour faire connaître sa volonté et ainsi faire taire celle des individus, surtout que la plupart d’entre eux, qui prétendent parler en son nom, n’en ont jamais reçu mandat. Seul le peuple peut dire son dernier mot, et le seul moyen pour ce faire, c’est de lui en offrir l’opportunité qui n’est autre que le référendum. L’avantage d’un tel exercice vient du fait que toutes les sensibilités politiques du pays sont d’accord sur le principe de trouver des solutions aux questions qui fâchent, mais que ces sensibilités sont incapables de les trouver.

 

Ainsi donc, au lieu de tout le temps envoyer ce peuple dans la rue, il vaut mieux la conduire là où elle s’exprime en toute souveraineté : les urnes pour le référendum.

Pascal Debré Mpoko

 

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