NEGOCIATIONS DE LA CENCO : JOSEPH KABILA DEMINEUR INFATIGABLE

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Chaque fois que le pays se retrouve à la croisée des chemins, confronté à l’enjeu de sa survie, un homme se dresse pour sauver les meubles. Cet homme c’est Joseph Kabila Kabange. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas.

Tout au long du processus du dialogue pour des élections apaisées, le Chef de l’Etat n’a cessé de s’assumer comme garant de la Nation en se posant comme le dernier recours dans la recherche des solutions. C’est lui qui avait accédé à la demande de la classe politique et sociale en organisant des consultations en vue de la tenue du dialogue qu’il convoquera plus tard. C’est lui qui, après le dialogue de la cité de l’Union Africaine, avait engagé la CENCO à mener des consultations en vue d’élargir l’assiette du dialogue aux non participants. C’est encore lui qui, suite aux divergences apparues après ces consultations, avait renvoyé les Evêques catholiques pour trouver, enfin, un compromis qui a permis la tenue des négociations du Centre Interdiocésain.

Cette fois-ci encore, c’est de lui que vient la solution au blocage qui semblait inextricable dans le tout dernier virage des négociations menées par la Conférence Episcopale Nationale du Congo. Le blocage se situait essentiellement autour de la gestion de la Primature et des mesures de décrispation de l’environnement politique.

Ayant reçu, hier jeudi 29 décembre 2016, une délégation de la CENCO qui lui a exposé ces problèmes, le Président de la République leur aurait donné sa position qui, en fait, coupe la poire en deux. Au sujet de la Primature, il a concédé à ce qu’elle revienne à l’opposition et pas nécessairement ou exclusivement au Rassemblement. Pour cela, Joseph Kabila a demandé à l’opposition de lui proposer trois noms dans lesquels il portera son choix discrétionnaire. Quant aux mesures de décrispation, il a aussi concédé à ce que les exilés politiques reviennent au pays et que les autres cas soient traités en priorité par une commission judiciaire sous la supervision du Ministre de la justice.

 

Le Rassemblement toujours dans la logique du blocage

Les observateurs estiment que ces propositions sont équitables pour le Chef de l’Etat qui tient à garder ses prérogatives de Président de la République en restant au-dessus de la mêlée. Mais, et le contraire aurait été surprenant, le Rassemblement rejette ces propositions et campe sur ses exigences, continuant à menacer de rejoindre la rue s’il n’y trouve pas satisfaction. Pourtant, dans une négociation, on ne peut pas être plus royaliste que le Roi.

D’ailleurs, on revient toujours sur ce constat selon lequel le Rassemblement ne tient pas à une résolution pacifique de la crise politique et continue à multiplier des obstacles pour tout bloquer. Même ses dernières exigences répondent de cette stratégie, car, en effet, elles ne figuraient formellement nulle part dans son mémo adressé à la CENCO et signé par Etienne Tshisekedi en personne, en date du 2 octobre 2016. Son cahier de charge tournait autour du respect de la Constitution et de la résolution 2277, du processus électoral avec les élections en 2017, de l’évaluation du processus d’enrôlement en cours, de la séquence des élections, du calendrier électoral, du cadre institutionnel avec la refonte de la CENI, du CESAC et de la Cour constitutionnelle, du financement des élections, de la sécurité des élections, de la décrispation politique et mesures de confiance, du mécanisme de suivi de l’accord politique et, enfin, de la légitimité des animateurs et membres des institutions ainsi que la gestion du pouvoir après le 19 décembre 2016.

Sur ce dernier point, l’intérêt du Rassemblement portait exclusivement sur le sort du Président, car ce regroupement proposait, dans son mémo, l’instauration d’un « régime spécial » dont il n’indiquait aucun contour ni mécanisme de mise en place par rapport aux prescrits de la Constitution.Le Rassemblement n’avait évoqué, nulle part, la question de la Primature et, moins encore, de la gestion des provinces. D’ailleurs, ses ténors ont déclaré plusieurs fois que la participation au Gouvernement ne les intéressait pas.

De toutes ses exigences contenues dans son cahier de charge, le Rassemblement a obtenu satisfaction à presque 90%, le dernier point, à savoir la décrispation politique, devant suivre dans les jours à venir. Pour le reste, le Rassemblement a acquis le précieux rôle de suivi de l’application de l’accord politique attendu, ce qui lui permet d’avoir un œil à la fois sur la CENI et le Gouvernement. Chercher à tout prendre ferait de ce regroupement l’arbitraire et le joueur sur un même terre.

Les revendications subsidiaires ne sont que des obstacles visant à continuer à bloquer la machine comme le Rassemblement nous y a habitués. N’oublions pas qu’avec Edem Kodjo, Etienne Tshisekedi avait mis quatre (4) mois pour présenter une liste des participants de « son » opposition au dialogue, liste qui, finalement, n’est jamais venue…

 

PD Mpoko

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